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 Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal

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Alaynna
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Date d'inscription : 19/06/2015
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MessageSujet: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:12

Bonjour à tous!

Je vous présente dans ce premier sujet ma première histoire sortie des méandres des circonvolutions de ma cervelle, cette "série" (qui en fait ne fera sans doute que deux parties de 20 chapitres, je ne sais pas encore) a donc pas mal de défauts.

Bref, comme le titre l'indique, nos deux héros seront le couple mythologique Hadès et Perséphone AVANT leur mariage. Bien sûr, il s'agit pas juste du récit sur plusieurs chapitres sur la description de l'angle de la pente sur laquelle était Perséphone au moment où elles et ses amies les Océanides chahutaient dans la plaine tandis qu'Hadès les lorgnait dissimulé par un buisson jusqu'à ce qu'il décide de leur foncer dessus pour enlever la donzelle MAIS, (z'avez repris votre souffle? x) ) une histoire un peu différente sur leurs rencontres et événements qui ont conduit à cette légende.

Il y a donc 20 chapitres. On m'a déjà reproché que la fin était un peu précipitée et après m'être relue quelques temps après les avoir finis, je suis d'accord. Il n'est donc pas exclus que plus tard je refasse des chapitres ou que je réécrive les derniers, 'fin voilà...

Je remets ici ce qui est mis sur FictionPress où j'ai posté l'histoire dés le début:


    - Rated: T
    - Catégories: Mythologie/Humour/Romance
    - Chapitres: 20
    - Mots: 52,079
    - Synopsis:On dit que Perséphone a été enlevée par Hadès et qu'elle ne voulait pas le rejoindre. Et si c'était une version erronée de l'histoire? Voici les événements allant de leur rencontre à ce célèbre épisode, sans doute exagéré par une mère désespérée et des divinités olympiennes capricieuses qui voulaient un peu s'amuser.

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:29


Invitations à la chaîne



    Sur une île de la Méditerranée, à la pointe de la botte italienne, dans un palais aux colonnes finement sculptées, une voix s'élevait avec vigueur.

    - Il en est hors de question, tu ne sors pas d'ici !
    - Mais mère... tenta d'intercéder une voix plaintive.
    - Pas de « mais ». Tu verras Aphrodite sur l'Olympe dans six jours, c'est amplement suffisant, lâcha sèchement la voix plus mature.

    Une demoiselle contrariée quitta la chambre de la maîtresse des lieux, Déméter, déesse de l'agriculture, aimante envers les humains et malheureusement, une mère très -trop- possessive. Soupirant de désespoir à l'idée de ne jamais pouvoir mettre un pied hors des résidences de sa mère, Perséphone, prisonnière malgré elle, soupira bruyamment. Sa mère était devenue intenable depuis l'annonce des festivités par Zeus. Leur auguste souverain olympien avait en effet invité toutes les divinités sur le mont Olympe pour la célébration de sa victoire sur le titan Cronos, il y a... des siècles désormais.

    La jeune femme, dépitée, rejoignit ses appartements dont l'immense terrasse donnait un superbe panorama de la mer Méditerranée. Sa main prit au passage la missive envoyée par Aphrodite pour la relire sous les rayons du soleil matinal. Le lendemain soir, la déesse de l'Amour organisait ses propres festivités, uniquement entre femmes, et Perséphone y avait été invitée. Cependant, Déméter s'y était formellement opposée. D'ailleurs, l'annonce de la présence obligatoire de la mère ET de la fille aux festivités de Zeus l'avait rendue encore plus stricte que d'habitude. Après tant d'années à cacher sa fille sur son île, la voilà obligée de la révéler au grand jour face à toute l'Olympe !

    - J'espère que ça la décoincera un peu, que je puisse enfin découvrir le monde, lâcha t-elle pour elle-même.
    - Il y a tant de tentations au dehors, elle tente de te protéger c'est tout, résonna une voix masculine, faisant sursauter la demoiselle rêveuse.
    - Hermès !

    Le messager divin se tenait en effet debout sur le rebord de la terrasse, attendant sans doute la réponse à la missive. S'il se tenait là, c'est qu'il était en effet le seul être de sexe masculin autorisé par Déméter à poser les yeux sur sa précieuse fille. Perséphone était toujours contente de le voir, il la tenait au courant de ce qui se passait au delà des mers et chez ces divinités olympiennes qu'elle n'avait jamais rencontrées, pour la plupart.

    - Admet que c'est stupide de me l'interdire. J'ai toujours été enfermée ici mais mon existence n'a jamais été un secret, se plaignit-elle, juste que...
    - Juste que personne ne t'a jamais vu, aucun œil mâle du moins, et la fidélité d'Aphrodite n'étant plus à prouver, elle a peur que tu deviennes comme elle si tu la fréquentes trop, assena l'éphèbe.
    - Ca reste stupide, ce n'est pas la première fois que je me rend dans son palais et... Je crois qu'elle veut que je suive plutôt Athéna, et que je reste une déesse vierge.
    - Oh, et ça te dérange donc ?

    L'oeil moqueur du messager interrogeait la jeune femme. Que voulait-elle ? Qu'espérait-elle en sortant de ces murs ?

    - Ca ne me dérangerait pas, j'admire beaucoup Athéna mais... je ne sais pas, elle doit s'imaginer que je deviendrais soudainement volage ou qu'on voudra m'enlever dés que j'apparaîtrais ! Elle veut choisir pour moi et je ne le supporte pas. Me voilà donc enfermée à double tour ici alors que dans quelques jours je paraîtrais devant Zeus.

    Hermès s'approcha de la prisonnière et baisa délicatement sa main en guise d'au revoir, un sourire au coin des lèvres.

    - Aphrodite sera énormément déçue de ne pas te voir, mais... si tu en as le courage, présente toi au détroit de Messine demain soir, il est possible que j'y passe, sussura t-il avant de sauter de la terrasse et disparaître dans le vent.

    Hermès, messager divin qui vola le troupeau d'Apollon peu après sa naissance aurait-il une idée derrière la tête ? Il lui avait promis après tout, il y a quelques années déjà, de la mener au bout du monde. Une promesse jetée à la va-vite comme on accorde une promesse du bout des lèvres pour avoir la paix, alors qu'on sait pertinemment qu'on ne la respectera pas. Toutefois, Perséphone se mit à chantonner, étonnamment heureuse malgré l'interdiction de sa mère, et avait soudainement hâte d'être à demain soir. Les choses changeraient plus tôt que prévu avec de la chance.

    _____________________________________________________

    - Sire, une missive pour vous.
    - Hmm...

    D'un geste négligé de la main, l'homme occupé à parapher de nombreux parchemins fit signe de déposer le rouleau sans même lever les yeux. Une missive ici bas? En quel honneur? Qu'importe, le messager, un grand homme mince habillé d'une toge noire trainant par terre, se retira après une légère inclination de la tête. Il laissa son souverain infernal à ses comptes, du moins il supposait, et retourna dans son palais du Tartare, aux portes des Enfers.

    Vidant son verre de vin d'un trait, Hadès sortit enfin de sa paperasse. Il se massait lentement le crâne de ses doigts fins quand il se rappela la missive apportée tout à l'heure par Thanatos, incarnation de la Mort. Il se reservit un autre verre et le but tout en lisant le bout de parchemin qui...

    - C'est pas vrai!

    S'étranglant à moitié en lisant la cordiale invitation de son cher frère, Hadès manqua de peu de le maudire. Il n'avait rien contre une petite visite de temps à autre, juste entre eux deux, avec Héra éventuellement mais devant toute l'Olympe non merci! Les Enfers lui allaient très bien. Il n'y vivait pas seul, certes, mais il n'était entouré que par un cercle restreint et c'était tout ce qu'il désirait, quelle utilité d'aller parader des heures dans les jardins de l'Olympe? Il pourrait prétexter de nombreuses responsabilités comme les Titans agités au Tartare qu'il fallait surveiller,... Mais il connaissait son frangin, ce dernier arguerait que d'autres pouvaient bien prendre le relais juste pour une journée, et qu'il avait déjà esquivé les petites festivités du siècle dernier.
    Hadès était donc attaché à l'Olympe comme Prométhée à son rocher... Il fallait prévenir les autres.

    - Eaque, Minos, Rhadamante! interpella le souverain en arrivant dans la salle des Jugements.
    - Sire! répondirent les trois juges à l'unisson.

    Les jugements s'interrompirent et se levèrent à l'arrivée de leur souverain. Les Ombres elles reculèrent toutes de quelques pas à l'approche de l'infernale divinité. Il ne leur accorda pas un regard et expliqua la situation sans passer par quatre chemins.

    - Dans cinq jours, mon frère Zeus me convoque à l'Olympe et je serai donc absent toute la journée. Vous dirigerez les Enfers pendant ce temps, Thanatos sera chargé de surveiller le Tartare et Charon suspendra les traversées en attendant mon retour.
    - Bien Sire, signala Rhadamante, mais... Menthé vous accompagnera t-elle?

    Menthé, nymphe et amante en titre d'Hadès, la seule femme qui ait osé l'accompagner ici -en dehors des créatures infernales comme les Erinyes-. Née aux Enfers, la jeune femme avait tenté de vivre sur Terre mais était vite retournée aux Enfers après avoir été trahie par son amant humain. Elle avait fini par rencontrer Hadès et s'en amouracher, le souverain ayant l'indéniable avantage de ne pas avoir d'autres amantes, chose qui plaisait à la jalouse nymphe qui n'aurait pas été contre devenir un jour Reine des enfers. Le roi lui était tout simplement heureux d'avoir une femme calme à ses côtés -calme car seule à ses côtés, précisons-le.

    - Elle viendra également, clôtura le souverain.

    Il tourna les talons et les jugements reprirent. Les trois juges avaient hésité de signaler à leur maître que les Enfers pouvaient tourner comme d'habitude juste pour une journée en son absence, mais ce n'était tout simplement pas envisageable à moins de vouloir subir son courroux. Ils se lancèrent un dernier regard, ce n'était qu'une journée après tout, il ne restait plus qu'à espérer que rien de grave n'arriverait qui rendrait le dieu... infernal.

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:37


Fugue nocturne


    Perséphone s'était réveillée tard ce matin là, ce qui était contraire à ses habitudes. Toutefois, elle était si impatiente d'être à ce soir pour rejoindre Hermès, qu'elle avait préféré se lever tard pour éviter de tourner en rond en fixant la course du soleil. Après son réveil, ses suivantes eurent juste le temps de la préparer pour le déjeuner. En voyant sa mère, le future fugueuse se rappela qu'elle était sensée être contrariée, aussi plaqua t-elle un air triste sur son visage et commença le repas en silence.
    Déméter, en bonne mère qu'elle pensait être, choisit de croire que sa fille avait traîné au lit pour oublier sa déception de la veille, et que son silence avait la même cause. Elle tenta alors de lui arracher quelques mots en lui proposant des activités pour l'après midi: équitation, jeux aquatiques avec les Océanides,... Perséphone agréa du bout des lèvres et profita du remord de sa génitrice pour demander de pratiquer le tir à l'arc. La maîtrise des armes était en effet un sujet qui rebutait la déesse de l'agriculture, fermement persuadée qu'une déesse, à moins qu'elle n'incarne la guerre, ne devait pas avoir d'armes entre les mains. Mais la demoiselle au faux air triste avait bien calculé sa demande car la maîtresse des lieux lui accorda son souhait, à condition qu'elle soit continuellement accompagnée pour éviter les accidents. Intérieurement, Perséphone se dit que cette condition était appliquée depuis tellement longtemps que ça en était devenu un dogme de vie, mais ses lèvres restèrent closes.
    De sa fenêtre, sitôt le repas fini, Déméter regarda donc sa fille partir à bride abattue, leur groupe soulevant un nuage de poussière derrières elles. Il fallait qu'elle profite de ces derniers instants où elles étaient seules, au calme sur leur île. Pour elle, il était limpide comme de l'eau de roche qu'on harcèlerait sa fille pour une union sitôt parue devant le puissant Zeus, si ce dernier ne la gardait pas. Bien sûr, Déméter éprouvait un profond respect et amour devant leur souverain mais le mot fidélité ne devait avoir que rarement franchi ses lèvres. Non, personne n'aurait sa fille, à moins qu'Héra elle même l'y contraigne.

    ___________________________________________________

    Plus loin, leur course folle calmée, la jeune fille terminait de donner ses instructions:

    - Vous avez compris n'est ce pas? Electre, tu as ma corpulence, tu te cacheras sous mes draps au cas où ma mère veuille vérifier que je sois là, quant aux autres, je veux que les portes soient ouvertes pour que je puisse rentrer sans problèmes, d'accord?
    - Mais... ce n'est pas un peu risqué? Et si votre mère le découvrait quand même? s'éleva une petite voix appartement à la dite Electre.
    - Je serai discrète, de toute manière elle ne peut pas plus m'emprisonner que ce qu'elle m'inflige déjà!

    Les nymphes se turent devant l'obstination de leur maîtresse, échangeant un regard inquiet. Certes Déméter était déjà très intrusive dans la vie de sa fille, mais quelque chose leur disait qu'elle pouvait l'être encore plus. En attendant qu'importe, la jeune déesse entraînait déjà ses amies dans une activité de tir à l'arc, dans laquelle elle excellait.
    Au final, cette sortie, qui n'était qu'un prétexte pour mettre au courant ses compagnes de son plan, permit de faire vite passer le temps jusqu'au soir.

    _______________________________________________

    La future fugueuse prit un bain dés qu'elle rentra afin de retrouver une mine éclatante pour la soirée. Sa mère se félicita d'avoir laissé sa fille sortir et pratiquer ce sport qu'elle aimait tant, car indubitablement, sa fille avait retrouvé sa bonne humeur. Bien entendu, la véritable raison était tout autre mais seul le futur décidera s'il daigne la révéler à la puissante déesse de l'agriculture.
    Déméter laissa Perséphone se retirer pour jouer de la lyre et les notes de musique s'élevèrent dans le palais peu de temps après. Temporairement calmée vis à vis de l'invitation de Zeus -elle avait éduquée seule sa fille après tout, peut-être qu'elle aurait la sagesse de rester constamment entourée de ses compagnes comme aujourd'hui-, la déesse se mit à réfléchir à une parure qu'elle pourrait lui offrir pour cette soirée.
    A l'étage au dessus, la jeune femme continuait de pratiquer son chant préféré à la lyre, pour endormir la vigilance de sa mère. Les nymphes préparaient les affaires que mettraient la rebelle tout à l'heure. Electre mit une des tuniques de sa maîtresse et se mit au lit à sa place tandis qu'on éteignait les lumières. La nuit était tombée, le temps d'aller au lieu du rendez-vous, Hermès serait là, il n'y avait plus une seconde à perdre.
    Perséphone enfila rapidement ses vêtements de voyage -seuls frusques sombres qu'elle possédait- et qui la dissimulerait plus facilement dans la nuit. Vérifiant que sa mère n'était pas dans les alentours, l'espiègle demoiselle emprunta la porte dissimulée de ses appartements menant à ses bains personnels, et de là prit les corridors des domestiques. Ces derniers ne la remarquèrent pas -du moins c'est ce qu'elle crut- et la pression redescendit un peu quand elle atteignit les écuries. Son étalon l'y attendait, mais craignant de ne pas arriver à temps, la cavalière mit juste le filet à la lueur de la pleine lune et monta à cru.
    Le cap de Messine n'était pas loin seulement, malgré la clarté de la lune, il fallait redoubler de vigilance, de peur que sa monture chute ou se brise une jambe à cause d'un trou. Ils arrivèrent néanmoins intacts et Perséphone attendit impatiemment l'arrivée de son ami. Il faut dire que malgré son excitation de braver pour la première fois les interdits de sa mère, c'était également la première fois qu'elle sortait sans escorte de nuit. Si quelque chose venait à lui arriver, on ne s'en rendrait compte que le lendemain matin au plus tard et cette perspective lui déplaisait.
    Une éternité semblait s'être passée avant que le messager divin daigne apparaître.

    - Et bien, que de courage! Sortir seule si tard la nuit pour aller festoyer... s'immisça la voix masculine qui fit sursauter la rebelle.
    - Cesseras-tu un jour de me faire sursauter? Tu es en retard j'en suis sûre!
    - Je ne suis jamais en retard, c'est toi qui trouvais le temps long. Allez, plus un instant à perdre, ne faisons pas attendre notre déesse de l'amour.

    Sur ces mots, il prit la demoiselle dans ses bras et tout se mit à tourner autour d'elle. Le vent était glacial et assourdissant, ses mains se cramponnèrent fermement aux vêtements d'Hermès, les yeux fermés, espérant que le voyage serait bref.
    En effet il le fut, à son grand soulagement. Ses yeux se rouvrirent sur un palais somptueux où de longs voiles tombaient des colonnes et se mouvaient au gré des brises. On entendait non loin le bruit d'une fontaine et quelques voix féminines ainsi que le choc des carafes contre les bords du verre lorsqu'on verse le vin.

    - Et bien, et bien, voilà que vous complotez tout les deux pour venir me voir, c'est trop d'honneur, les interpella une voix douce et rieuse que Perséphone se souvint appartenir à la maîtresse des lieux: Aphrodite.
    Hermès, tout sourire, relâcha la fugueuse de son emprise et s'inclina.
    - Je ne supportais pas de voir cette demoiselle si triste enfermée dans ses appartements, et comme je sais que vous espériez sa présence de tout coeur, je vous ai rendu service, expliqua t-il, une lueur dans le regard indiquant que cette "bonne action" n'était pas tout à fait désintéressée.
    - Oh, et que attends-tu en échange messager? ne s'y trompa point la déesse.
    - Je vous ferai part de mon désir plus tard, pour l'instant je vous laisse profiter de votre soirée entre femmes célestes.

    Il disparut à nouveau et la sublime Aphrodite alla embrasser Perséphone, heureuse de la revoir. Les deux déesses étaient en effet très proches et partageaient une étroite relation comme deux soeurs le feraient. Inutile de dire que vu la réputation de la déesse, Déméter tentait de séparer le plus possible les deux amies mais impossible, Aphrodite ne lâchait jamais rien, encore moins sa petite protégée.
    Celle-ci fut d'ailleurs menée au lieu des réjouissances qui venaient de commencer. Trois autres femme étaient là: Athéna, Artémis et Némésis. On lui expliqua que d'autres telles que Calypso auraient du venir mais elles avaient été retenues. La demoiselle, bien qu'elle connaissait déjà Athéna et Artémis, ne put s'empêcher d'être intimidée au milieu de toutes ces femmes simplement parées, mais plus resplendissante qu'elle avec ses sombres habits de voyage recouverts de poussière. On ne lui en tint pas rigueur et l'accueil fut chaleureux. Après leur avoir expliqué qu'elle était venue ici à l'insu de sa mère, la déesse de la Sagesse se porta garante et assura qu'elle la défendrait si le pot-aux-roses était découvert. Installée confortablement sur un divan, une coupe de fruits à portée et un verre de vin en main, la conversation reprit et Athéna prit la parole.

    - Donc Artémis, elle a vraiment osé dire que tu n'étais pas vierge?
    - Oui, clamant que son corps était mieux que le mien. Je n'ai pas supporté l'affront venant de cette petite pimbèche qui a pourtant été une des dernières à faire serment de virginité. J'ai donc été voir Némésis qui a choisi une punition appropriée.
    - Ah oui? Et laquelle, explique ma chère, intervint Aphrodite, se tournant vers Némésis.
    - Oh je n'ai rien fait de spécial. Je savais juste qu'à ce moment là, Dionysos cherchait une nouvelle maîtresse et je l'ai donc mené jusqu'à elle. Une simple nymphe n'avait pas le droit de se refuser à lui du moment qu'elle n'avait plus la protection d'Artémis. Seulement la pauvre est tombée enceinte et l'accouchement de jumeaux l'a totalement rendue folle, elle s'est mise à attaquer les hommes avant de revenir s'en prendre à ses enfants.
    - Un accouchement peut être à ce point violent pour l'esprit? interrogea Perséphone qui n'avait, on s'en doute, que très peu d'expérience en la matière et pouvait donc croire n'importe quoi sur de tels sujets.
    - Ca arrive chez certaines femmes. Je suis arrivée à temps pour sauver le deuxième né, mais pas le premier malheureusement. J'ai confié le nouveau né à son père avant que la mère se jette dans la mère, termina Artémis en même temps que son vin.
    - Tu n'as pas de chance décidément, compatit Athéna. Mais ce n'est pas la seule à t'avoir trahie il me semble...
    - Non en effet, il n'y avait pas cette histoire avec Aura? demanda la déesse de l'amour.
    - Oui et non. En fait, celle qui s'est jetée dans la mer était Aura, l'autre c'est Callisto. Elle est tombée enceinte malgré son voeu de chasteté et a voulu me cacher son état, comme si mon statut de déesse vierge m'aurait empêché de le remarquer! Je l'ai chassée mais Héra a pris parti pour elle et l'a dissimulée à ma vue...
    - Et bien, il faut croire que les nymphes ont décidé de s'opposer à nous, tu devrais faire attention à toi Perséphone, lança Aphrodite en lui jetant un regard amusé.

    La jeune femme, destabilisée, en était encore à la folie d'Aura suite à son accouchement et ne parvint pas à faire une réponse convenable qu'Artémis lui coupa déjà la parole.

    - Je pense que tu n'as pas trop à t'en faire tant que tu ne t'es pas engagée dans une voie.
    - Une voie?

    La fille de Déméter mit du temps à comprendre ce que voulait dire sa compagne et Némésis gloussa devant ce côté ingénu. Ce que voulait dire Artémis était en réalité: choisirait-elle d'être une déesse vierge et indépendante ou s'enchaînerait-elle à un mari? Autant dire qu'elle préférait largement la troisième option: profiter d'abord de sa liberté et décider plus tard. D'autant plus que l'histoire d'Aura devenue folle l'avait marquée pour pas mal de temps.

    - ... aucune chance que j'ai un jour des enfants si c'est pour devenir folle comme elle... lâcha malgré elle à voix haute la fugueuse, plongée dans sa réflexion, ce qui déclencha les rires des autres divinités présentes.

    ____________________________________________________

    Sur une petite île de Méditerranée, dans un palais sur le point de s'endormir totalement, un domestique -palefrenier plus exactement- vint déranger la déesse de l'agriculture dans ses lectures. Agaçée d'être dérangée aussi tard, Déméter l'écouta quand même et c'est donc d'une voix tremblante que l'homme lui fit part d'un cheval manquant: l'étalon personnel de sa gracieuse fille. Pendant un bref instant, la déesse allait le congédier, ne reportant la recherche qu'au lendemain mais un détail l'arrêta: il ne manquait QUE l'étalon de Perséphone. L'homme par ailleurs n'avait pas fini son récit: les domestiques des cuisines avaient vu une silhouette sortir de la maison et tous pensaient à un voleur bien qu'aucun élément du palais ne manquât. La thèse aurait pu être plausible mais l'alarme interne de la maîtresse des lieux était formelle: un simple voleur n'aurait pas pris qu'un cheval, elle devait vérifier.
    Bougie à la main, elle se rendit d'un pas précipité aux appartements silencieux de sa fille censée être endormie depuis deux, trois heures désormais. Elle poussa délicatement la porte et fut soulagée de voir un corps étendu dans le lit. Toutefois, cela ne la rassurait pas totalement. Si un voleur avait voulu ne voler que les chevaux, il ne serait pas entré dans le palais au risque d'être surpris. Déméter s'approcha, s'assit doucement sur le bord du lit et éclaira le visage endormi de celle censée être sa fille, mais qui ne l'était pas. Le hurlement qu'elle poussa alors réveilla la malheureuse doublure et toutes les autres suivantes. Le châtiment serait exemplaire.

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:41


La fête est finie



    Au palais d'Aphrodite, les réjouissances se prolongeaient et on en était venu à la grande première sortie officielle de Perséphone et de ce qu'elle allait porter ce jour là. Athéna et Artémis se rangeaient du côté du péplos blanc et simple, avec un cécryphale avec des fils d'or contenant sa chevelure mais Aphrodite s'y opposait fermement, arguant que les trois/quarts des autres déesses auraient la même tenue. Il était hors de question que sa protégée se mêle au milieu des autres et ne soit pas remarquée pour ce qu'elle appelait "sa grande apparition". Chaque divinité serait en effet présentée à Zeus et Héra dés son arrivée pour lui rendre hommage et elle devait se démarquer, point final. Perséphone, qui considérait Zeus comme sympathique mais réprouvait toutes ses aventures, ne comprenait pas en quoi il était si important d'être remarquée par le Tout puissant. Interrompre Aphrodite était malheureusement impossible et Némésis profita que cette dernière était allée chercher un "présent" pour expliquer les choses à l'ingénue demoiselle.

    - Que tu sois remarquée de Zeus n'est pas forcément mauvais, et je ne parle pas d'être sa maîtresse, mais s'il apprécie ta compagnie, il te conviera donc plus souvent à l'Olympe, d'autres dieux te remarqueront et t'inviteront à leur tour et ta mère ne pourra plus rien faire pour t'enfermer en Sicile.

    Cette explication limpide plut à l'aventurière qui avait de plus en plus hâte d'être à cette journée de célébration. Finissant son sixième verre de vin, ce qui la rendait légèrement euphorique, n'ayant pas été habituée à boire de l'alcool, Perséphone vit revenir Aphrodite qui déposa devant elle un paquet et l'incita à l'ouvrir. Curieuse, elle défit les rubans un à un pour tomber sur un sublime tissu bordeau foncé, une ceinture d'or et des épingles également en or. Ne laissant pas le temps à la jeune femme de la remercier, elle la fit se lever et lui demanda de le mettre tout de suite. "Demander" était un terme généreux au passage, la déesse ayant déjà commencé à déshabiller sa protégée pour l'habiller elle même. Pas assez ivre pour ne plus être pudique, Perséphone dissimula son corps comme elle pouvait avec ses mains. Les autres convives se mirent à rigoler et aidèrent Aphrodite à habiller rapidement la poupée vivante.
    Elles se disputèrent sur la profondeur du décolleté, Némésis et Artémis n'en voulant tout simplement pas et Aphrodite désirant le contraire, même si cela signifiait qu'on devinerait un de ses seins à chaque pas qu'elle ferait. Athéna finit par trancher en le mettant juste à la hauteur de la naissance de sa poitrine, les plis du tissu lui donneraient ainsi un peu plus de volume et laisseraient ses potentiels admirateurs imaginer la forme qu'ils pourraient avoir. D'après la déesse de la Sagesse, le mystère était ce qui provoquait le désir, trop en dévoiler tout de suite la ferait passer pour plus superficielle qu'elle ne l'est. Toutes les autres se rangèrent à cet avis et la tenue fut enfin achevée. Il ne restait que ses cheveux qu'on se contenta de ramener en arrière pour dégager son visage, de longues mèches retombant sur ses épaules.
    La déesse de l'Amour plaça ensuite sa protégée face à un grand miroir qui lui permit de se voir en entier. Perséphone découvrit alors une femme qui n'était pas elle. Enfermée sur son île à jouer dans la nature et donc habituée à se salir, c'était sans doute la première fois qu'elle portait une robe avec un tissu de cette qualité et des épingles d'or en forme de fleur de pavot, symbole d'Aphrodite et de Déméter. En se mettant de profil, elle remarqua que la robe était fendue sur le côté jusque mi cuisse, un détail qui foudroierai sa mère sur place aussi efficacement que le tonnerre de Zeus. Pourtant, qu'importe le désaccord de la déesse de l'agriculture, cette tenue était un véritable coup de coeur et on ne pût plus arrêter la jeune femme dans ses remerciements, promettant sans cesse qu'elle la porterait.

    - Hors de question que tu t'habilles comme une vulgaire prostituée!

    La voix de Déméter frappa les femmes d'un coup et Perséphone sentit son coeur s'arrêter. Ce qui se passa ensuite lui échappa à moitié. Une poigne ferme se saisit de son bras et tenta de la traîner hors du palais, les déesses, en particulier Aphrodite et Athéna, comme cette dernière l'avait promis, voulurent intercéder en faveur de la demoiselle mais Déméter, furieuse, n'écouta rien et les repoussa sans ménagement. La mère poussa violemment la fille sur un char, son épaule droite heurta d'ailleurs une des barres de l'armature, ce qui lui arracha un cri de douleur mais la mère ne s'en soucia pas. Il y eut ensuite un coup de fouet cinglant, des hennissement apeurés et le char partit d'un trait sous les plaintes des déesses solidaires de Perséphone.

    _________________________________________

    - Comment as-tu osé me désobéir? hurla la déesse une fois de retour en Sicile, secouant sa fille comme un prunier.
    - Mèr...
    - Je t'avais interdit de rejoindre cette traînée! QUI T'A AIDE?

    La pauvre fille malmenée ne pouvait rien répondre. D'une part parce que sa mère lui arrachait des larmes de douleur à la secouer ainsi en lui enfonçant ses ongles dans le bras, d'autre part car elle ne tenait pas à être privée des visites d'Hermès en plus de la punition qu'elle ne manquerait pas de se prendre.
    Voyant ses questions sans réponses, Déméter traîna la rebelle jusque dans les caves du palais, sous les yeux des domestiques réveillés par ces hurlements, et jeta le "paquet" dans un cellier qu'elle ferma à clé. La pauvre séquestrée tambourina à la porte pour qu'on lui ouvre mais personne n'osa s'opposer à la maîtresse des lieux et on la laissa là.

    _________________________________________________

    On déverrouilla le cellier au matin, laissant la lumière éclairer une demoiselle recroquevillée dans un coin. Deux de ses compagnes l'aidèrent à se redresser et la ramenèrent dans ses appartements. Electre, qui pensait avoir failli à sa mission, tenta d'engager la conversation ou au moins de savoir comment se portait la séquestrée de la nuit mais seul le silence répondit. Il suffisait de regarder son visage pour avoir les réponses de toute façon. En un mot: sinistre. Perséphone semblait au bord des larmes et elle se laissa totalement faire sans opposition.
    Il faut savoir que Perséphone avait la phobie des espaces clos et toute une nuit dans un cellier obscur avait donc été un véritable cauchemar. Ses suivantes le savaient mais elles n'avaient pu faire ployer Déméter, d'autant plus qu'elles n'étaient plus dans ses grâces puisqu'elles étaient complices de sa fille. La déesse avait d'ailleurs consignée sa fille avec ses dames dans sa chambre. Elle vint toutefois en fin de matinée pour la deuxième punition. A combien comptait-elle s'arrêter? En réalité il n'y en aurait que deux, consignée dans sa chambre jusque nouvel ordre et celle qui allait suivre.
    La mère vint donc voir sa fille peut avant le repas du midi. Les traits tirés par la colère et ne lui accordant pas un regard, elle lui ordonna de se rendre sur sa terrasse. La demoiselle pensa l'espèce d'un instant qu'elle allait la balancer dans le vide mais son regard tomba sur un spectacle plus horrible: deux hommes tenaient la bride de son étalon, qu'ils avaient retrouvé au petit matin, et un troisième tenant une lourde épée. Devinant ce qui allait se passer, la rebelle se repentit et pria sa mère de laisser son étalon. Malheureusement, sa décision était prise et la déesse demeura imperturbable, même sous le hurlement de sa fille quand la lame s'abattit sur l'encolure de la créature. Déméter avait rarement puni sa fille, se contentant juste de lui imposer de multiples contraintes, mais cela ne signifiait pas qu'elle ignorait comment blesser la pauvre captive dans son propre palais.

    ______________________________________

    Plus loin, beaucoup plus loin sous terre, dans un palais au bord des Champs Elysées, une jeune femme vidait les placards de ses appartements ainsi que toutes les boîtes et s'évertuait à tout essayer. Menthé, qui rappelons-le était l'amante du seigneur des Enfers, trouvait en effet que les 4 jours restant avant l'invitation de Zeus ne seraient pas de trop pour se préparer et ainsi éblouir les autres divinités. Contrairement à ce qu'on pourrait penser en voyant toutes ces tenues et bijoux plus précieux les uns que les autres, la nymphe ne possédait pas tout ça. Elle ne faisait "qu'emprunter" ces atours à l'insolente richesse des Enfers. Imaginez le nombre d'âmes trépassées se présentant devant les trois juges infernaux chaque jour, imaginez ensuite que chacune de ces âmes doit donner une partie de sa richesse à Charon pour assurer leur traversée, et pour finir gardez à l'esprit qu'il y en a toujours qui tentent de corrompre les juges par d'autres richesses. Bien sûr, il faut encore multiplier ça par le nombre d'années qu'ont les Enfers et vous aurez une vague idée de ce que les sous sols du palais peuvent contenir.

    - Rha, l'argent ne va pas, il me faut... où est le collier d'or et émeraude? marmonnait la nymphe pour elle-même tout en remuant le bazar qu'elle avait causé pour trouver le bijou tant convoité.
    - C'est pas celui là? intervint une voix masculine qui fit sursauter la jeune femme.
    - Sire! Oui c'est celui là!

    La demoiselle se saisit du collier d'or et le mit sur une commode encore relativement libre au vu du bazar ambiant. Hadès se saisit de quelques affaires afin de faire de la place sur un fauteuil où il prit place, tout en regardant la nymphe remettre de l'ordre.

    - Je remettrai tout à sa place promis! Je tenais juste à être parfaite pour l'Olympe.
    - Ne dis pas ça à Aphrodite, elle risque de mal le prendre, encore.

    Hadès se saisit de la main de son amante et l'attira à lui pour l'embrasser tendrement. S'il se permettait ce genre de geste en privé, aucune chance de le voir faire la même chose en public, même si on lui faisait boire toutes les réserves de nectar, d'ambroisie et de vin du palais de son frère olympien. C'était pourtant un désir secret de son amante, qui ne perdait pas de vue son objectif d'être reconnue comme souveraine des Enfers officiellement. Toutes les divinités connaissaient déjà leur lien mais elle aurait aimé être sur un pied d'égalité avec certaines déesses qu'elle n'appréciait guère, Héra, Athéna et Aphrodite pour ne pas les nommer. Héra ne la supportait pas car elle avait osé lui rappeler que son compagnon était plus fidèle que son foudroyant époux, Athéna car en tant que nièce d'Hadès, Menthé considérait qu'elle lui devait le respect, et Aphrodite simplement car quiconque se prétendait plus belle qu'elle subissait ses foudres, même si elle avait réduit cette prétention aux Enfers. Si le souverain infernal l'épousait, elle serait leur égale, elle, une simple nymphe née à proximité du Tartare. Ca serait une véritable victoire! Beaucoup avaient tenté d'ailleurs de savoir pourquoi Hadès n'avait pas fait de demande, mais il n'avait jamais répondu. Ce n'était pas une question de confiance, Hadès savait qu'elle l'aimait, c'était bien un point sur lequel on ne pouvait pas la critiquer, mais peut-être qu'il ne se sentait tout simplement pas près.

    - Tu sais pourtant que nous ne resterons que le minimum exigé pour ne pas être impoli, je ne tiens pas à subir toute l'Olympe plus longtemps que nécessaire.
    - Raison de plus pour marquer les esprits, je veux qu'ils se souviennent que vous avez une alliée à vos côtés.
    - Je te fais confiance alors, éblouis les. Mais fais attention de ne pas perdre la notion du temps au milieu de tout ça.
    - Comptez sur moi Sire, promit la nymphe avant de laisser partir son amant et de reprendre ses interminables essayages.

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:44


Bienvenue sur l'Olympe


    Les jours séparant Perséphone de la réception olympienne qu'elle attendait si impatiemment s'écoulèrent trop lentement à son goût. Les punitions infligées par sa mère lui coupèrent l'appétit et toute envie de faire quoique ce soit pendant deux jours, et cela aurait duré bien plus longtemps si Athéna ne s'était pas arrangée pour la contacter. La déesse de la Sagesse s'était en effet inquiétée de ne pas avoir de nouvelles de la jeune femme, ni de Déméter à laquelle elle avait pourtant envoyé une missive. Elle avait alors envoyé sa chouette afin que sa lettre parvienne à la captive sans passer par les mains de sa mère. Ce furent les Océanides qui l'ouvrirent et la lurent à leur maîtresse, cette dernière n'ayant pas bougé de son lit depuis l'exécution de sa monture. Cette simple inquiétude d'une déesse qu'elle avait rarement rencontré au final lui redonna courage et elle lui répondit elle même. Sa réponse décrivait les punitions de Déméter en précisant qu'elle ignorait si elle la laisserait toujours aller en Olympe, même si cela signifiait défier Zeus. Athéna la rassura, même si elle osait désobéir au Tout puissant, en ne les voyant pas venir, la déesse de la Guerre se ferait alors un devoir de devenir l'émissaire de son père pour rappeler ses ordres auprès de Déméter. Perséphone remercia chaleureusement son amie pour son aide et mit un terme à cette correspondance secrète, de peur que si c'était découvert, elle ne soit à nouveau enfermée dans le cellier, et pour plus longtemps qu'une nuit.

    _________________________________________

    Le grand jour était enfin arrivé! Un couple se préparait d'ailleurs à entamer leur voyage vers les cieux. Si le divin jeune homme n'avait pas l'air enchanté par cette perspective, sa compagne était au contraire resplendissante, comme elle l'avait promis. Pour cette grandiose réception, Hadès avait opté pour une toge longue bleue foncée, avec une ceinture d'argent et un himation en lin blanc pour recouvrir ses épaules et ses bras trop peu habitués au soleil. La toge était d'ailleurs ouverte sur les côtés jusqu'à auteur du genou à peu près, un vêtement trop fermé le ferait en effet étouffer. Et oui, si le soleil ne lui était pas familier, la chaleur l'était encore moins, mais il laissa paradoxalement ses cheveux noirs tomber en cascade sur sa nuque. Menthé de son côté avait revêtu un péplos court doré, maintenu par une ceinture de soie d'un blanc immaculé, son cou était orné du collier or et émeraude choisi quatre jours plus tôt, ses poignets eux, avaient plusieurs bracelets d'or également, et ses cheveux étaient attachés par un cécryphale tout aussi immaculé que la ceinture. Sur ses épaules tombait élégamment un foulard de lin blanc brodé de fils d'or. Tout avait été étudié pour attirer sur elle la lumière du soleil. Elle ne doutait pas que ses parures seraient les plus riches de l'Olympe aujourd'hui, et cette certitude illuminait son visage.
    Hadès donna le signal de départ après avoir rappelé ses instructions auprès de Thanatos et des trois juges infernaux. Le couple monta ensuite sur le char préparé pour eux et les chevaux, eux aussi créatures des Enfers, aussi noires que le charbon, les emmenèrent dans la demeure du puissant Zeus.

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    En Sicile, les préparatifs avancaient eux aussi. La mère et la fille s'étaient peu parlées depuis les événements de la soirée chez Aphrodite, mais Déméter avait finalement repris son côté autoritaire depuis la veille et alla visiter sa fille pour voir où elle en était. Cette dernière se préparait et avait pris le courage de porter la tunique offerte par la Déesse de l'amour. Sa mère ne dit rien, se contentant de faire un commentaire sur la fente sur le côté de la robe trop longue à son goût. Prenant juste en plus une longue étole blanche, Perséphone était prête et monta sur le char avec un mélange d'excitation et d'angoisse. La Déesse de l'agriculture avait mis des atours moins voyants, se contentant d'une tunique blanche traditionnelle, mais avec des accessoires d'or malgré tout. Peu disposée à discuter pour sa part, Perséphone voulut se saisir des rênes du char tant sa mère semblait prendre son temps pour partir. Elles finirent enfin par y aller et la jeune fille crut que son coeur, qui venait de s'emballer, allait s'arrêter d'un coup sous tant d'excitation.
    Le char se posa au final sur une arrière cour d'un somptueux palais aux colonnes blanches. Le sol en marbre résonnait sous le piaffement des sabots des chevaux que des serviteurs s'empressaient d'emmener aux écuries. D'autres divinités étaient déjà là, Perséphone n'en reconnut aucune. Ayant peur de se perdre, elle suivit sa mère de près. Il arrivait d'ailleurs qu'on courbe l'échine à son passage, la déesse répondait alors d'un léger hochement de tête mais aucun de ces visages n'étaient familiers à sa fille. Déméter avait donc tant d'importance à l'Olympe pour qu'on s'incline à son passage? La jeune femme n'avait jamais vu sa génitrice sous cet angle, mais ça tombait sous le sens: Déméter, déesse de l'agriculture tenait entre ses mains la vie des hommes, dont les dieux avaient la responsabilité. Poséidon pouvait leur envoyer des tempètes, couler leurs navires, Zeus pouvait provoquer des tremblements de terre, les hommes pouvaient toujours survivre du moment qu'ils trouvaient de la nourriture et pouvaient en faire pousser. Or, Déméter avait le pouvoir de stopper tout cela, d'arrêter les floraisons, laissant les hommes être balayés par la famine puis par les maladies engendrées par la malnutrition. Elle n'avait donc certes pas autant de pouvoir que les trois frères au sommet de l'Olympe, mais elle n'en demeurait pas moins vitale pour les créatures mortelles vivant sur Terre.
    En d'autres circonstances, Perséphone aurait éprouvé un renouveau d'admiration pour sa mère, mais ses pensées allèrent dans une autre direction. Et si les dieux qui voulaient l'inviter ne le faisaient pas de peur de déclencher la colère de Déméter? Sa gorge se noua à cette idée, non, elle devait trouver un moyen de lui échapper, tout se déciderait aujourd'hui.
    Elles entrèrent au final au coeur du palais, à l'entrée d'une salle où deux trônes étaient installés et sur lesquels présidaient Zeus et son épouse Héra. Chaque nouvel arrivant devait se présenter au couple souverain et les remercier de leur invitation, c'était la coutume. Hermès était présent également, messager divin, il connaissait pratiquement chaque divinité foulant le marbre et était donc le plus qualifié pour les introduire auprès du Tout puissant.

    - Déméter et sa fille unique, Perséphone, clama t-il quand vint leur tour.

    Son regard suivit la demoiselle alors qu'elle passait devant lui. Leur regard se croisèrent mais elle ne le soutint pas, trop angoissée pour sa première présentation à Zeus. Un pas derrière sa mère, elle l'imita. Déméter s'inclina, elle s'inclina, Déméter le remercia pour son invitation, elle fit de même sans oser lever les yeux franchement vers lui. Toutefois, le souverain ne se contenta pas de ces plates politesses. Il se leva, embrassa sur le front Déméter et dévora du regard Perséphone, du moins c'est l'impression qu'elle avait même si elle ne le regardait pas, son corps entier était un volcan sur le point d'entrer en éruption sous le stress.

    - Et voilà donc cette beauté que tu gardais cachée sur ton île, commença t-il. Regarde moi donc dans les yeux jeune fille, tu n'as rien à craindre.

    La jeune fille s'exécuta et fut surprise de tomber sur un homme plus jeune physiquement que ce à quoi elle s'était imaginée. Zeus était souvent représenté comme un vieil homme à la longue barbe. Or, sa barbe n'était pas si longue et était parfaitement taillée, et s'il n'était pas non plus un éphèbe, on ne lui donnerait pas plus que la trentaine. Perséphone comprit pourquoi certaines déesses étaient tombées sous son charme, sa stature, l'intensité de son regard, difficile de lui refuser quoique ce soit.
    Intimidée, la demoiselle sourit nerveusement et se sentit rougir. Zeus ne fit pas de commentaires et se contenta de sourire à son tour en baisant la main de la nouvelle divinité de sa cour.

    - Bienvenue dans mon palais, et en gage de ma bienveillance, je vous offre le nectar et l'ambroisie, qui sont notre nourriture. Allez, visitez, discutez, amusez vous, cette journée est à nous.

    Des serviteurs apportèrent la nourriture réclamée, offerte à chaque invité, c'était une coutume, puis les deux femmes prirent congé et firent demi tour pour se rendre dans les superbes jardins où les invités se divertissaient déjà.

    _________________________________________

    Sitôt sortie de la salle d'audience, Perséphone remarqua Aphrodite au bras de son époux, aisément reconnaissable à sa démarche boiteuse. La déesse la repéra également et abandonna Héphaïstos pour secourir sa protégée du joug de sa mère. Enfin... encore fallait-il que Déméter se laisse faire, ce qui n'était pas gagné.

    - Perséphone restera avec moi aujourd'hui, tu l'as assez pervertie avec ta soirée. Je n'aurai même pas du autoriser qu'elle porte ton présent, cracha t-elle avant que l'autre ait pu ouvrir la bouche.
    - Hors de question très chère, ne se laissa point démonter la déesse de l'Amour. Ton joug destructeur sur ta fille a pris fin!, dit-elle en tentant de traîner la raison de cet accro qui demeurait muette.
    - Jamais! Plutôt finir foudroyée sur le champ que te la laisser!
    - Tu n'as pas le choix Déméter, les interrompit une voix calme. Tu ne veux pas la laisser sous la responsabilité d'Aphrodite, soit, je vais m'en occuper dans ce cas. Tu n'as pas d'objection à ce qu'une déesse vierge s'occupe de ta fille n'est-ce pas?

    Athéna ne laissa pas le temps à la mère de répondre et emmena Perséphone plus loin, suivie d'Aphrodite qui s'empressa de prendre des nouvelles sur son état. Malgré les vêtements et les soins, on devinait encore sur l'épaule de la pauvre jeune fille, la marque laissée par le char quand sa mère l'y avait bousculée. Ce n'était qu'un léger hématome désormais mais la peau de Perséphone était si fine et pâle que la moindre petite blessure était facilement repérable. Il n'y avait rien de grave leur assura t-elle, bien qu'elle admit que l'exécution de son étalon devant ses yeux avait été un choc. Il y avait si peu d'occupation pour elle sur l'île qu'elle l'avait élevée elle même et avait connu tant de longues ballades avec lui! Les déesses compatirent mais on ne pouvait rien y changer. Elles promirent toutefois de rendre cette journée mémorable! Un concours de danse serait d'ailleurs organisé sous peu, Perséphone qui aimait cette pratique pouvait y participer non? Sans compter la course à cheval, le concours de chant et de musique et tant d'autres discussions auxquelles elle devrait participer!
    Cette journée, promit Aphrodite, marquerait les esprits et tous se souviendront de l'apparition de la fille cachée de Déméter et son entrée dans leur monde!

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:48


Ne se mettre personne à dos surtout!


- Ah mon frère! Que je suis heureux que tu aies accepté de venir! résonna la voix tonnante de Zeus en voyant son frère aîné.

Hadès lui rendit son étreinte, toujours heureux lui aussi de voir sa famille, mais omettant de signaler qu'il aurait préféré rester en bas. Le souverain, toujours galant homme, salua cordialement Menthé. Il savait que Héra la détestait -comme elle en détestait bon nombre d'autre d'ailleurs, on ne précisera pas pourquoi-, mais son frère l'aimait et il devait donc trouver un compromis pour ne froisser ni sa femme, ni Hadès. Heureusement, l'infernal souverain n'était pas du genre susceptible -enfin pas envers Zeus-, du moment qu'il montrait du respect à sa compagne, cela lui convenait. La nymphe ne disait rien également, satisfaite d'être saluée aussi galamment par le Tout puissant devant qui elle faisait profil bas. Il s'agissait de respect bien sûr, mais aussi de stratégie: Héra pouvait s'opposer à son mariage avec Hadès quand il aurait lieu, si Zeus l'appréciait et l'approuvait, alors la divine épouse n'aurait qu'à la boucler. Mais ils n'en étaient pas encore là...
Ils reçurent à leur tour le nectar et l'ambroisie et se retirèrent. A peine dehors, Poséidon alla à son tour étreindre son frère. Habillé simplement lui aussi mais rasé à l'inverse de Zeus, à qui il ressemblait plus qu'il ne ressemblait à Hadès, on le remarquait facilement avec la chaîne d'or autour de son cou représentant un trident.

- Alors, dit-il en posant un bras sur l'épaule de son frère, tu n'as pas réussi à t'esquiver cette fois?
- Malheureusement non, je n'allais pas refuser deux fois de suite. Toi en revanche tu as l'air d'être comme un poisson dans l'eau.

Poséidon éclata de rire à cette blague douteuse, mais qu'il adorait malgré tout.

- Tu me connais, cette fête est le moment idéal pour rencontrer de nouvelles créatures, je ne vais pas me plaindre. Je soupçonne Zeus de l'organiser uniquement pour ça d'ailleurs, comme cette nouvelle là qu'on aurait caché sur une île des années... je sais plus son nom. Bref! Tu devrais prendre exemple sur nous mon frère, amuse toi, sinon un jour tu vas nous revenir aussi frippé que ton passeur Charon.

Il le laissa sur ses mots, sans accorder un regard à Menthé, mis à part la salutation de base que la politesse exigeait. La nymphe tentait de garder son calme, mais elle avait parfaitement compris que cette provocation la visait elle. Mais non, son souverain n'irait pas voir d'autres femmes, hors de question, aucune d'elle n'aurait le courage de le suivre aux Enfers de toute façon, aucune d'entre elle aurait encore moins la force d'assumer les responsabilités de souveraine des Enfers. Enfin, c'est ce dont elle se persuadait, bien qu'elle n'ait aucun titre non plus, mais l'espoir fait vivre.

- Je vais vous prendre à boire sire, s'esquiva t-elle.

Un abondant buffet était en effet mis à disposition de tous, et la nymphe comptait en profiter pour parader pour montrer ses riches atours. Les provocations ricocheraient sur elle comme les vagues se fracassent sur les falaises, rien ne gâcherait cette journée.

________________________________

Sur de grands divans, au pied de colonnes blanches, abritées par de longues toiles tendues, quatre déesses se reposaient et se désaltéraient. On y retrouvait le trio Athéna, Aphrodite et Perséphone mais aussi Calypso qui venait de les rejoindre. La nymphe des mers venait apporter des nouvelles de la salle du trône, et signala entre autre l'arrivée de "l'amoureuse éconduite". Les déesses de l'Amour et de la Sagesse relevèrent la tête pour la repérer et gloussèrent après l'avoir aperçue.

- Tu crois qu'elle participera à un concours aujourd'hui? se moqua Aphrodite. Elle a de si beaux bijoux, ça serait dommage de les abîmer.
- Elle le fera certainement, du moment qu'il y a des regards pour l'admirer, répondit Athéna.
- Elle devrait demander à Apollon de lui prédire si son rêve impossible se réalisera, surenchérit Calypso.

Perséphone ne comprenait rien à cette conversation et se demanda ce que cette femme avait pu faire pour s'attirer leurs foudres. Mais Calypso, qui avait développé une excellente mémoire pour tout ce qui concernait les ragots -il faut dire que sur son île, les visites n'étaient pas courantes, il fallait bien ressasser le peu qu'on lui donnait- se chargea de tout résumer.

- Cette nymphe là bas, dit-elle en montrant la femme près du buffet, c'est Menthé, l'amante d'Hadès. Elle vivait parmi les hommes autrefois, jusqu'à ce qu'un prince préfère une simple mortelle à elle, venant d'une nymphe qui a prétendu être plus belle qu'Aphrodite, c'est le comble non? Elle est alors rentrée aux Enfers la queue entre les jambes pour raccommoder son pauvre coeur brisé sous nos railleries -on allait pas se priver-, mais Hadès l'a repérée et ils sont ensemble depuis.
- Je vois, mais c'est quoi cette histoire de rêve impossible? Elle veut retourner avec son prince mortel?
- Non non, pouffa Aphrodite, elle a tellement mal pris nos moqueries qu'elle voudrait épouser Hadès, ce qui l'élèverait au dessus de nous, mais il ne semble pas décidé, Zeus soit loué... Bref, sois un amour et ne t'approche pas d'elle, ni d'Hadès, elle est du genre jalouse.

Perséphone acquiesça, elle ne tenait pas à se faire d'ennemis aujourd'hui, même si c'était quelqu'un que les déesses haïssaient. Elles lui contèrent d'ailleurs les autres mésaventures de la nymphe mais la jeune fille ignorait quoi vraiment penser. Certes, vexer Aphrodite était une gaffe à ne jamais faire, et elle était même sûre que si l'amant en question n'était pas Hadès, la pauvre nymphe aurait été maudite à ne plus jamais être aimée par qui que ce soit. Vexer Héra était aussi une énorme bourde, quant à Athéna... ça devait être la même chose, car étant justement d'un très grand calme, on ignorait donc quand la vengeance tomberait, contrairement aux deux autres déesses qui foudroyaient sur place, ce qui la rendait plus terrible encore. Mais mis à part ça, était-elle vraiment mauvaise? Pendant un bref instant, la fille de Déméter songea qu'en allant aux Enfers, elle aurait la paix mais se lier d'amitié avec quelqu'un de là bas était quasi impossible, l'asociabilité d'Hadès étant même parvenue jusqu'aux oreilles de la demoiselle en Sicile.

- Voilà la jeune fille que tu cherchais, je te présente Perséphone, s'éleva la voix d'Artémis.

La déesse n'était pas seule, un homme l'accompagnait. Il salua chaleureusement les autres femmes présentes avant de se présenter à l'ingénue: Apollon, frère jumeau d'Artémis, dieu du chant et de la musique. La demoiselle déglutit, les rumeurs étaient vraies, le dieu était superbe. Il faut dire aussi que les dieux n'étaient pas connus pour être laids, malgré quelques infirmes comme Héphaïstos, mettez les face à une jeune déesse recluse de force des années et entourée de femmes, et vous ne vous étonnerez pas qu'elle craque sur tout les hommes qui passent sous son nez innocent.
Apollon n'eut pas le temps de se joindre à la petite assemblée qu'Aphrodite bondit littéralement et se saisit du bras du frère d'Artémis.

- Mon cher, puis-je te demander un service?, sans attendre de réponse elle fixa Perséphone. Toi qui as le don de divination, pourrais-tu lire son avenir? Je suis persuadée qu'elle aura une grande destinée, tu dois le confirmer!

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- Thémis! J'ai besoin de toi!

La divinité de la Justice ainsi interpellée se rendit de bonne grâce auprès de Déméter, l'origine de cet appel. La déesse de l'agriculture fut brève: sa fille était en danger, on voulant attenter à sa pudeur et elle ne pouvait intervenir car elle s'opposerait à Athéna. Thémis faillit répliquer mais la mère paranoïaque demandait juste à ce qu'elle demande à ses serviteurs de surveiller Perséphone. Il fallait qu'elle sache qui lui avait parlé aujourd'hui et ce qu'ils s'étaient dit. L'incarnation de la Justice accepta et laissa Déméter continuer à observer sa fille de loin.
Elle s'était bien rendue compte qu'elle avait été trop loin avec l'exécution de son étalon, et avec Aphrodite à ses côtés, ainsi que Calypso, Perséphone était en danger. Elle n'oubliait pas la présence d'Athéna, sage comme elle était, elle saurait arrêter sa fille si ça allait trop loin mais... mais au fond elle n'en était pas vraiment certaine. Vivement qu'elles rentrent en Sicile, que tout redevienne normal. Elle offrirait alors un autre étalon à sa fille dont elle prendrait soin, et cette journée ne serait qu'un lointain souvenir. Par contre, il faudrait trouver un moyen pour qu'elle ne rencontre plus la déesse de l'Amour... intercepter les missives peut-être? Interdire Hermès de venir? S'il s'était acquitté de sa tâche avec diligence jusque là, Déméter venait d'apprendre qu'il désirait partager le lit d'Aphrodite et cela suffisait pour qu'il sorte des grâces de la déesse de l'agriculture. C'était décidé, Hermès n'approcherait plus sa fille. Un problème de réglé.

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De retour au milieu du cercle des déesses, le bel Apollon avait fini par céder à la requête d'Aphrodite et lisait l'avenir de Perséphone.

- Mmmh... Tu finiras par quitter la Sicile, grâce à quelqu'un que tu rencontreras aujourd'hui... commença t-il.
- Tu n'as pas plus précis? Elle ne connait quasi personne, elle devra donc rencontrer quasi tout le monde, interrompit la déesse de l'Amour.
- Je ne fais que lire ce que je vois... Attends... Ensuite... Tu seras constamment la cible d'une femme... mais seule l'une d'entre vous perdurera.

Le visage de Perséphone se rembrunit, elle ne s'attendait pas à des prédictions si funestes. Son esprit était persuadé que la femme en question était sa mère, son fléau depuis sa naissance, mais qu'elle aimait malgré tout, elle demeurait son seul parent, impossible de la haïr.

- Tu n'as rien de plus gai à lui annoncer? lança Artémis. Des prétendants, un titre, n'importe quoi?
- Toutes les divinités n'ont pas forcément une grande destinée ou de légende comme vous, ne se berçait pas d'illusion Perséphone.
- Tu auras quelques prétendants, dont un illustre mais... tu vivras dans l'ombre, c'est tout ce que je vois pour le moment, clôtura le dieu de la musique.

Le silence s'installa. Il n'y avait donc aucune bonne nouvelle dans son futur... Vivre dans l'ombre... la nuit au cellier lui revint en mémoire et cela ne l'enchantait guère. Déméter comptait l'enfermer à tout jamais au fond de son palais car elle aurait eu quelques prétendants? Cette journée ardemment désirée scellerait-elle son avenir?
Apollon remarqua, comme les autres, le visage devenu livide de la jeune femme. Quelle cruauté de lui infliger cela lors de son premier jour à l'Olympe... Il prit son menton entre ses doigts pour que leurs regards se croisent.

- Ne perdez pas espoir jeune fille, ce ne sont que des mots et ils peuvent avoir de multiples sens. Par ailleurs, Artémis m'a dit que vous aviez vécu quelques épreuves déplaisantes récemment, les présages ne peuvent être bons si vous vous dépréciez autant.

Il enjolivait quelque peu à vrai dire mais sa soeur lui avait demandé d'être gentil envers elle. En réalité, l'état psychologique de la personne au moment de la prédiction ne jouait en rien, cependant il était vrai que les mots avaient plusieurs sens.
Encore naïve, la demoiselle se ressaisit à ces mots rassurants. Elle se laissa même entraîner au concours de tir à l'arc auquel participaient les jumeaux juste après. On tenta de la faire participer elle aussi, toutefois, elle ne se sentait tout simplement pas de taille avec sa pauvre expérience de tir en tant que loisir, et préféra soutenir Aphrodite dans ses paris. Car oui, outre les magnifiques cadeaux réservés aux vainqueurs, les spectateurs pouvaient parier ce qu'ils voulaient pour leur champion favori. Perséphone n'avait tout simplement pas d'argent à parier, aussi se contenta t-elle de regarder.
Elle ne remarqua pas, quelques rangs derrière elle, sa mère qui avait changé de tenue afin de passer plus inaperçue pour mieux l'observer. Elle ne remarqua pas non plus que le plan d'Aphrodite avait fonctionné, et qu'au milieu de cette assemblée divine en blanc et doré, sa robe sombre attirait les regards. Des murmures s'élevaient à propos de cette inconnue protégée par l'Amour et la Sagesse. Le plan de Déméter de cacher sa fille produisit donc l'effet inverse, car rien n'est plus attirant qu'un secret. Certes, qu'elle ait une fille n'était pas un secret, mais savoir à quoi elle ressemblait et quel type de femme elle était en était un, et tous étaient avides de savoir que deviendrait cette nouvelle divinité dans leur monde.
On regardait donc à la fois le concours et à la fois la demoiselle qui tentait de mémoriser les gestes des archers, afin de les reproduire plus tard. Et non loin des estrades, éloignée de son amant, une nymphe jalousement possessive dévorait du regard la femme en robe bordeau. Elle avait établi dans son cerveau paranoïaque un lien malheureusement correct, celui que cette femme en rouge et l'inconnue dont avait parlé Poséidon était la même personne. Non, Hadès ne poserait pas les yeux sur cette...gamine alors qu'elle osait déjà ravir la vedette que la nymphe s'était auto-proclamée, après avoir mis tant de temps à choisir sa tenue pour aujourd'hui.
Sans même lui avoir adressé la parole, sans même avoir fait quoique ce soit, sans même avoir voulu s'en faire une ennemie, Perséphone en possédait déjà une malgré tout.

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Resté à l'abri des colonnes de la salle du trône, Hadès était installé dans un coin discret et parlait avec Poséïdon revenu vers lui. Si la journée continuait ainsi, ça ne lui déplairait pas. A moitié dissimulé par les draperies le long des colonnes, s'agitant au gré du vent, le dieu des Enfers se sentait satisfait et y trouvait un bon compromis entre respecter l'invitation de son frère et son manque d'envie de discuter avec quelqu'un d'autre que sa famille. Encore mieux, tout le monde était arrivé et le couple olympien était donc sorti profiter du buffet, vidant par là même la salle du trône. Encore quelques heures à tenir et il pourrait se retirer tranquillement pour retrouver le calme de son palais.

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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 21:57


Calomnies et cadeau empoisonné


    Artémis avait remporté le concours de tir à l'arc, Apollon celui de musique mais comme c'était de coutume, les dieux experts dans un art ne pouvait remporter le premier prix, autrement tout les autres n'auraient aucune chance. En réalité, s'ils y participaient, c'était surtout un moyen de rappeler qu'ils excellaient toujours dans leur art de prédilection et qu'il ne fallait pas trop prendre la grosse tête si on remportait le premier prix. On savait en effet, grâce à Menthé, qu'il ne fallait jamais froisser l'ego des divinités. Même Perséphone qui ne se trouvait pas exceptionnelle pouvait se vexer, mais on laissait les autres deviner à quel sujet.

    - Je t'avais dit qu'Hestia remporterait le concours de danse et Arès celui du tir à l'arc, mais qui aurait cru que l'autre pimbèche serait sur le podium du concours de musique.

    Aphrodite, qui tenait à ce que Perséphone ne la quitte pas, avait au final remporté tout ses paris, sauf celui pour la musique où elle n'avait pas imaginé que Menthé finirait troisième derrière Circé, en seconde place, et elle-même à la première. La déesse de l'amour argua qu'au fond ce n'était peut-être pas si surprenant, les Enfers ne devant pas octroyer beaucoup d'autres loisirs autre que tourner en rond pour quémander un rang qu'elle n'aurait jamais. Ces paroles furent dites au moment pile où la nymphe passait devant elles, et assez fort pour qu'elle les entende. Elle ne répliqua pas cependant, mais jeta un regard assassin à Perséphone qui lui fit froid dans le dos et sans qu'elle sache la raison.
    Haussant les épaules, Aphrodite traîna sa protégée à l'intérieur du palais pour, d'après elle, "se relaxer avant sa grande entrée". Impossible de dire s'il fallait être rassuré ou non après une telle déclaration, mais on ne pouvait rien lui refuser. Elle l'emmena aux sous sol du palais d'où provenaient des éclats de rire féminins. Des servantes les firent entrer dans une petite pièce, et leur donnèrent des grandes étoffes pour couvrir leur corps avant de les aider à enlever vêtements et parures. Perséphone se laissa faire malgré quelques appréhensions et découvrit que les voix venaient des thermes personnels d'Héra un peu plus loin. Plusieurs autres déesses et nymphes étaient là dont Athéna et Héra, pour les déesses que la fille de Déméter reconnaissait. Les autres les saluèrent à leur arrivée puis retournèrent à leur conversation tandis que l'épouse de Zeus interpellait la dernière arrivante.

    - Perséphone mon enfant, viens près de moi.

    Ne tenant absolument pas à défier la souveraine de l'Olympe, "l'enfant" obéit. Héra ne lui voulait rien de particulier en réalité, juste lui faire promettre de ne pas faire confiance à n'importe qui et de toujours se souvenir où était sa place. Elle regarda avec satisfaction Perséphone acquiescer sans mot dire. Elle tenait en effet à ce qu'elle ne commette pas de fautes et surtout, surtout pas avec son royal époux. Ce dernier, se disait-elle, finirait par penser, à un moment ou un autre, vouloir posséder cette jeune femme encore intacte, que ce soit physiquement ou mentalement, car pas encore corrompue par les fourberies des divinités. Si ses pensées avaient été audibles pour la fille de Déméter, cette dernière aurait répliqué que la frayeur qu'inspirait la déesse était trop grande pour qu'elle osa même penser céder à Zeus.
    Calypso, qui s'était absentée peu de temps avant, arriva à son tour, un grand sourire aux lèvres et alla murmurer quelque chose à Aphrodite qui la remercia chaleureusement. Perséphone n'y fit pas attention, mais elle aurait peut-être dû.

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    Menthé, remise de l'insulte de la déesse de l'Amour et de cette gamine arrogante -oui, sa simple présence était une insulte pour la nymphe et elle l'affublait donc de tout les défauts imaginables-, devisait calmement avec les Muses. Euterpe et Terpsichore, muses de la danse, la félicitaient plus particulièrement pour sa performance lors du concours. Elles lui remirent alors une couronne d'argent, récompense pour celle arrivant en troisième place. D'excellente humeur suite à cette reconnaissance, elles discutèrent longtemps, jusqu'à ce que la question de la "fille cachée de Déméter" arrive sur le tapis, ou plutôt sur le divan.

    - Vous connaissez cette fille alors? interrogea la nymphe, qui tenait à obtenir le plus d'informations possibles.
    - Oui bien sûr, Déméter nous avait demandé de l'instruire dans les arts. Une élève très assidue et douée mais qui a toujours préféré vivre au grand air plutôt que demeurer sagement dans son palais, répondit Calliope.
    - J'ai entendu dire, intervint Clio, qu'Aphrodite s'était prise d'affection pour elle et cherchait à la soustraire à sa mère, pour en faire une de ses suivantes.
    - Mmmh... Aphrodite peut être très réfléchie et raisonnable quand elle le souhaite... débuta Polymnie
    - Mais ce n'est pas souvent quand elle aime vraiment quelque chose, termina Thalie. Espérons que son caractère ne déteindra pas sur la pauvre petite, avec l'éducation appropriée elle pourrait devenir digne de nous, finir comme Aphrodite la rabaisserait. Si seulement elle savait réfréner son envie d'aventures...

    Les Muses n'avaient pas d'a priori sur les autres divinités et demeuraient neutres. Cependant, elles ne pouvaient s'empécher de voir la réalité en face: une ingénue comme la nouvelle mise entre les griffes de la déesse de l'Amour risquait fort de finir aussi peu fidèle qu'elle. Menthé de son côté déforma quelque peu les propos qu'on lui avait si gentiment servi: la fille de Déméter était une simple d'esprit éblouie par la chevelure blonde et infidèle d'Aphrodite et devenait comme elle. Cela collait parfaitement à l'image qu'elle s'était faite et elle se satisfit d'avoir eu un si bon instinct.
    La discussion changea de sujet et Menthé prit congé car elle venait d'aviser, à l'ombre des arbres, son souverain vénéré à nouveau seul. Il s'assura que sa compagne prenait du bon temps et la félicita pour son prix au concours de danser. Passant d'une banalité à l'autre, la nymphe réussit à glisser dans l'oreille d'Hadès ce qu'elle avait interprété des dires des Muses à propos de la jeune fille dont lui avait parlé Poséidon. N'imaginant pas que la jalousie avait été jusqu'à calomnier une demoiselle qu'elle n'avait jamais rencontré, le souverain du monde souterrain la crut et se promit de l'éviter. Il savait en plus, que des décennies auparavant, Déméter et Poséidon avaient eu une liaison et Aphrodite lui avait même déjà fait des avances, avoir affaire à une fille liée à ces deux femmes ne lui plaisait donc pas.
    La nymphe des Enfers, ou l'infernale nymphe, vu son caractère vous prenez ce que vous voulez, se délectait de cette promesse et aussi de l'information concernant la mère de Perséphone. Ainsi elle avait eu une liaison avec un des dieux olympiens... cela lui serait certainement utile. Ajoutez à cela que Déméter ne supportait pas Aphrodite, il y avait bien matière à établir un plan non?

    - Hadès! La course va bientôt commencer, viens donc mon frère!

    Cet cordiale invitation venait du Tout puissant en personne, et ne souffrirait donc pas de refus. Heureusement, Hadès aimait bien les courses, ayant lui même des chevaux hors du commun qu'il montait régulièrement pour parcourir son royaume et qui avait tiré aujourd'hui son char. Il y aurait bien participé d'ailleurs mais l'idée de tout ces regards rivés sur lui l'avait refroidi. Menthé et lui prirent donc place près des sièges du couple olympien dans les gradins de pierre et attendirent que les concurrents se mettent en place. Poséidon, maître des chevaux, ne prenait pas part à la course car il remettait le prix au vainqueur: un de ses étalons personnels, une créature à la robe soyeuse, aux jambes puissantes et aux sabots de bronze, capable de concurrencer un pégase.

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    Les déesses étaient toutes sorties des thermes afin d'assister, ou participer, à la course. Perséphone, qui adorait cette pratique on s'en souvient, avait hâte de trouver une bonne place dans les gradins mais une certaine déesse lui avait réservé autre chose. Elle ne dit rien jusqu'à leur arrivée au pied des gradins où elle empêcha sa protégée de monter les marches.

    - Non, non, non, j'ai autre chose pour toi.

    Elle lui tendit un bandeau rouge, Perséphone l'interrogea du regard, qu'avait-elle prévu encore?

    - Le premier prix de cette course est rien moins qu'un étalon de Poséidon. Après le cruel acte de ta mère, je t'ai inscrite avec Calypso à cette course afin que tu la remportes et ramènes cet animal chez toi, asséna la déesse, un grand sourire aux lèvres.
    - Mais... mais..., bégaya l'inscrite forcée, je n'ai pas de cheval!

    Il y avait bien sûr ceux qui avaient tiré son char mais ils ne remporteraient jamais une course, elle le savait.

    - Ne t'inquiète pas ma chère, j'ai tout prévu. Va aux écuries là bas, elle les désigna du doigt, et prend mon étalon, il a déjà une bride, sa robe est foncée.

    Perséphone sauta de joie au cou de sa protectrice et courut aux écuries sur un dernier conseil de la déesse "N'oublie pas de mettre une tunique". En effet, les déesses pouvaient y participer mais on se doute que monter à cheval sans selle -c'était une des contraintes de la course- n'était pas très pratique en robe. Elles pouvaient donc enfiler une autre tunique plus quelconque faisant pantalon -il ne s'agirait pas d'irriter la peau fine de ces dames après tout-. En se retournant, la Déesse de l'Amour vit celle de l'Agriculture qui les regardait d'un oeil désapprobateur, mais trop tard.

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    Malgré cette excellente surprise, la plupart des concurrents étaient déjà près sur la piste tandis que la jeune déesse cherchait encore de quel étalon il s'agissait. "De robe foncée" c'était bien mais vague... Seulement Aphrodite ne s'était jamais évertuée à faire la différence entre les robes des chevaux ce qui ne rendait pas la tâche facile. On entendit au loin un cor résonner, premier signal de rassemblement, au troisième le départ de la course serait donné.

    - Bride... bride... ah, te voilà!

    Le seul élément pertinent qu'elle savait était en effet que le cheval était déjà prèt et avait une bride. En face du box où il se trouvait, une tunique avait été laissée sur un banc. Pressée et profitant que tout avait été déserté, les serviteurs vérifiaient l'état de la piste et des obstacles, Perséphone enfila la tunique directement en laissant sa robe sur la cloison du box, détacha la corde qui le fermait et fit sortir l'étalon en le tenant fermement. Fermement oui car il semblait très nerveux et ne se laissait pas faire face à cette inconnue. La cavalière pensait qu'Aphrodite aurait des chevaux plus calmes mais peut-être qu'Héphaïstos les avait choisit. Un forgeron comme lui aurait assez de force pour les maîtriser après tout.
    Deuxième appel du cor.
    Plus de temps à perdre, elle monta à cheval et se rendit sur la piste. L'étalon semblait un peu plus calme avec quelqu'un sur lui mais il redevint très agité au milieu des autres chevaux. Les autres cavaliers se tournèrent d'ailleurs vers elle, comme si quelque chose n'allait pas. Critiquaient-ils la non maîtrise de sa monture agitée? Pourquoi tout ces regards? Elle identifia plusieurs concurrents dont Hermès, Hélios, Amphitrite, Phorcys et deux muses: Erato et Uranie. Elle fut incapable de mettre un nom sur le visage des autres mais ils étaient au final une dizaine sur la ligne de départ.

    _________________________________

    Quand la dernière concurrente arriva sur son étalon noir, Aphrodite était fière de sa surprise, mais pour une courte durée: ce n'était pas le bon cheval. Cela n'était pas dramatique vous direz... tout dépend du cheval en question.

    - Hadès! tonna la voix de Zeus, pourquoi as-tu donné un de tes chevaux à cette jeune fille?

    L'interpellé avait bien remarqué que c'était son cheval qui prenait place au milieu des autres, sauf qu'il n'y était pour rien.

    - Je n'ai jamais donné mes chevaux à qui que ce soit! J'ai même dû les mettre aux écuries moi même et ils ont quand même refusé qu'on leur enlève la bride!

    Cela expliquait l'erreur de Perséphone qui, au milieu des cavaliers n'entendait pas ce dialogue, ni Aphrodite d'ailleurs, elle aurait expliqué la situation sinon, ni Poséidon sur la piste qui s'était mis à discuter avec sa compagne Amphitrite en attendant de donner le signal du départ.

    - Vous ne pouvez pas l'autoriser à concourir sur cet étalon de malheur! s'éleva la voix de Déméter, qui avait dévalé les gradins en bousculant quelques divinités pour rejoindre le Tout puissant et Hadès - qui n'aurait pas décrit ses montures autrement d'ailleurs-.

    Malheureusement, ce n'était pas une bonne journée pour la déesse de l'agriculture et ils entendirent donc un Poséidon clamer fort:

    - Cavaliers, à vos marques!
    Suivit du troisième retentissement de cor.

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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 22:00


Alors c'est lui, le Dieu des Enfers?


    Au signal de départ, tout les chevaux s'élancèrent sur la piste de terre et poussiéreuse mais l'animal de Perséphone n'apprécia pas ce départ soudain et se cabra. Elle parvint à rester à cheval et asséna un claquant coup de rênes sur l'épaule de sa monture. Il s'élança enfin sous les hourras des spectateurs, hormis ceux dont nous avons parlé plus haut et partit d'un galop rapide.
    Agrippée à la crinière pour garder son équilibre, la déesse fut surprise par la vitesse à laquelle allait son cheval. Il fallut moins d'un tour de piste pour qu'ils rattrapent le retard pris. Se frayer un chemin vers la première position était moins aisé, d'autant plus qu'il y avait des obstacles à franchir sur le parcours. Haies et fossés à sauter, rivière à franchir, les chevaux ne devaient pas ralentir malgré tout.
    La rivière fut le premier obstacle sur leur route, en plein virage. Les chevaux ralentirent un peu pour ne pas glisser et Perséphone, dans les derniers, reçut de la boue et de l'eau jusque sur son visage. Il y avait ensuite le fossé où deux chevaux s'arrêtèrent par peur du vide. Leurs cavaliers durent faire demi tour pour reprendre de l'élan et sauter à nouveau. Cela laissa de la place à la jeune femme pour remonter à nouveau. Sa monture semblait infatigable et elle fut même surprise de la voir mordre les autres chevaux à proximité pour les écarter. Désir de gagner? Non, c'était juste un cheval mauvais qui cherchait toujours à prendre le dessus sur les autres, qu'ils soient ses congénères ou son cavalier. Malheureusement pour lui, son cavalier actuel semblait avoir l'habitude des grandes vitesses et des obstacles... peut-être qu'un arrêt brutal à la fin...?
    Deuxième tour, Perséphone était remontée cinquième et gagnait encore du terrain. Elle perçut à peine les hurlements de la foule lorsqu'ils repassèrent devant l'estrade, trop préoccupée par Hélios qui occupait la première place depuis le début. A force d'endurance et de morsures équines -rien ne les interdisait après tout et comment voulez-vous commander ça?, la cavalière arriva à hauteur du dieu du soleil et de son étalon blanc.
    A la fin du deuxième tour qui était aussi la fin de la course, un étalon noir et un blanc étaient donc à égalité. La fille de Déméter avait de la boue séchée sur le visage, les bras et ses vêtements et elle toussait à cause de la poussière soulevée par les sabots mais elle voulait cette première place! Elle pouvait gagner cette course! Elle fit claquer à nouveau les rênes sur l'épaule de son étalon, Hélios fit de même mais sa monture n'osa pas dépasser son concurrent, il mordait trop fort.
    Les spectateurs virent donc un étalon de jais, au poitrail et jambes recouverts de boue franchir en premier la haie, dernière obstacle avant la courte ligne droite avec la ligne d'arrivée. Perséphone savait qu'elle allait gagner, elle se sentait pousser des ailes, comme si elle chevauchait un pégase. Les sabots de l'étalon martelèrent la ligne d'arrivée les premiers sous les hourras de la foule, dont Aphrodite qui était heureuse que sa protégée ait réussi à dompter un cheval aussi caractériel que ceux des Enfers. La joie de la gagnante fut de courte durée. Elle avait eu une telle montée d'adrénaline qu'elle aurait pu continuer des heures malgré les courbatures -bonne cavalière certes mais pas habituée à des courses aussi effrénées sans selle- sauf que la sanction tomba: l'étalon pila net.

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    Déméter rassurée de voir sa fille arriver indemne, et fière malgré tout qu'elle arrive première, vit son visage se décomposer quand on vit le cheval freiner de ses quatre sabots, qui glissèrent d'ailleurs un court instant, puis le corps de la cavalière passer par dessus l'encolure pour s'écrouler lourdement sur la piste, avant de rouler sur quelques mètres. Plusieurs divinités furent choquées face à ce spectacle -excepté Menthé mais elle le cacha bien-. Sans attendre la suite, Hadès était déjà sur la piste et allait récupérer son cheval avant qu'il ne provoque d'autres dégâts.

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    Les concurrents qui arrivèrent ensuite parvinrent à ralentir et éviter le corps de la pauvre déesse qui se relevait péniblement. Furieuse de s'être fait avoir ainsi, bien qu'au final la chute aurait été inévitable pour n'importe qui, elle rattrapa les rênes de l'étalon fautif et était bien décidée à lui apprendre les bonnes manières équines. Son esprit était trop occupé par le cheval pour s'apercevoir d'ailleurs que son véritable propriétaire arrivait.
    Le cheval tenta de se dérober plusieurs fois mais la demoiselle avait plus de force qu'il n'y paraissait et elle ne le lâcha pas, jusqu'à ce qu'une autre main se saisisse des rênes et oblige l'animal à se calmer. L'homme la regarda, elle le fixa également, une douleur lancinante à la tête ne la laissant malheureusement pas l'admirer comme elle l'avait fait pour Zeus et Apollon.

    - Si vous vouliez gagner, il fallait opter pour une stratégie plus discrète que prendre mon cheval, lâcha l'inconnu.

    En effet, Hadès était persuadé qu'on avait pris son cheval pour gagner cette course. Il connaissait bien ses montures et leur sale caractère, aussi, bien qu'il n'ait pas vu les événements de la piste, il était en mesure d'affirmer que les morsures avaient eu lieu, il en avait fait la désagréable expérience en les entraînant. Le seigneur des Enfers ignorait en revanche que la demoiselle ne savait pas qui elle était, et donc qu'elle pensait toujours avoir pris la monture de son amie Aphrodite.

    - Je n'ai pas triché! On m'a autorisé à prendre ce cheval! Ce n'est pas le vôtre! s'insurgea donc Perséphone.
    - Vraiment? Qui a osé prétendre qu'il était à lui? Parle insolente!

    Asocial peut-être mais pas gros nounours innocent. Il ne fallait pas oublier qu'au même titre que ses frères, Hadès avait combattu les Titans et qu'il pouvait faire preuve d'autant de violence qu'Arès si on le cherchait trop. Malheureusement pour elle, l'adrénaline mêlée à la colère de sa chute avaient éloigné la déesse de son côté calme et qui n'osait pas contredire plus fort qu'elle.

    - La déesse Aphrodite, elle m'a dit de le prendre. Si vous vouliez un cheval, fallait participer vous-même à cette course pour le gagner!

    Le dialogue mouvementé d'une jeune demoiselle face au puissant Hadès sorti de ses gonds était tellement effrayant, inédit, qu'il cloua les autres sur place, et nul n'osait intervenir. Dommage car ils se seraient calmés beaucoup plus vite s'ils avaient su que toute l'assemblée les entendait.

    - Pourquoi croirais-je chacun de tes mots, Perséphone, fille de Déméter et prêtresse des moeurs d'Aphrodite?

    Cette -simple?- question rendit l'interpellée soudainement muette. Venait-il vraiment de l'accuser d'avoir les même moeurs d'Aphrodite et de là s'être donnée à plusieurs hommes juste par séduction? Si elle aimait la déesse de l'Amour malgré cet aspect de sa personnalité, Perséphone ne supportait pas la calomnie et le mensonge, surtout sur elle, alors qu'elle ne connaissait pas la moitié des personnes présentes ici en ce jour.
    Sa réponse ne fut pas composée de mots, mais de chair: elle frappa l'inconnu calomniateur. Ce dernier recula de quelques pas sous le choc mais la gagnante -qui avait totalement oublié l'existence de la course au passage- avait déjà fait demi tour et se rendait d'un pas décidé vers les écuries remettre sa robe et trouver un coin calme. Les thermes d'Hera peut-être? Cela soulagerait ses courbatures.

    ___________________________________________

    Hadès, puissant seigneur des Enfers, n'avait pas tout à fait réalisé qu'une jeune fille venait de le frapper. Il ne comprenait pas non plus pourquoi, ignorant que les propos de Menthé avait été détourné de la réalité. Pendant qu'il reprenait ses esprits, Aphrodite, que le coup de poing avait aussi ramené parmi les vivants comme si elle avait été frappée elle-même, lui tomba dessus et ne se gêna pas non plus pour lui parler directement.

    - Imbécile, je devrais te frapper moi aussi! Tu n'avais que des horreurs pareilles à lui dire? Cette fille est probablement la plus innocente de l'Olympe et voilà de quoi tu l'accuses!
    - Elle a pourtant...
    - Pourtant quoi? Pris ton cheval? C'était une erreur! Je lui ai vraiment demandé de prendre mon cheval mais elle a du se tromper aux écuries. Peut-être que la prochaine fois tu ferais mieux de rester dans ton trou à rat avant de l'ouvrir!

    Sur ce, la déesse alla retrouver sa protégée. Déméter resta près d'Hadès à le blâmer d'avoir des chevaux aussi dangereux qui avaient blessé sa pauvre fille. Poséidon dut même la retenir par précaution, de peur qu'elle ne le frappe comme sa fille.
    Il attendrait un peu avant de ramener son étalon aux écuries...

    ___________________________________________

    Seule au milieu des box, Perséphone se calma enfin et prit conscience des douleurs qui parcouraient son corps. Le choc avait été violent et elle fut surprise de sentir sous la douleur des muscles dont elle ignorait l'existence jusqu'à présent. Elle avisa une bassine d'eau plus loin. Avec un morceau de tissu encore propre traînant non loin, elle entreprit de se laver le visage pour enlever la boue séchée et la poussière. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant du sang se mêler à l'eau! Ses doigts tâtèrent son front. Ils sentirent une plaie au dessus de ses sourcils gauche, ce qui expliquait son mal de tête suite à la chute, sans doute une pierre au mauvais endroit quand elle avait heurté le sol.

    - Tu ne t'es pas râtée ma pauvre.

    La déesse de l'Amour qui était arrivée discrètement prit le relais, et lava la plaie avant de regarder s'il n'y en avait pas d'autres sur le reste du corps. Ce faisant, elle expliqua la situation à la cavalière.

    - J'aurai du te prévenir que mon cheval était vers le fond des écuries, ça t'aurait évité cet incident.
    - Tu parles de la chute ou de l'autre idiot qui m'insulte? J'aurai du le frapper deux fois tiens...

    C'était la première fois qu'Aphrodite la voyait autant sur les nerfs, mais elle ne pouvait pas la blâmer. Oui elle adorait cette petite, mais elle ne comptait pas l'emmener non plus dans toutes ses aventures! Au contraire, c'était son côté innocent qui lui plaisait. Seulement... ce n'était pas n'importe qui qui avait été frappé.

    - Les deux... et... sais-tu qui est celui que tu as frappé?
    - Non, mais même si Zeus en personne m'avait insultée, j'aurai eu la même réaction.

    C'était un peu exagéré cela dit... Non, elle n'aurait jamais frappé Zeus, mais pour le moment c'était la colère qui parlait.

    - Alors? Qui était-ce? voulut quand même savoir la fille de Déméter.
    - C'était Hadès.

    Perséphone, qui était en train d'attacher sa robe bordeaux s'arrêta net et fixa son amie.

    - Tu veux dire... que... j'ai frappé le seigneur des Enfers? Un dieu que si par malheur je vexe, il peut m'envoyer au Tartare?

    Sa colère s'était soudainement sauvée par une petite porte et avait laissé place à l'imposante angoisse qui se mit à tout régir dans le corps de la pauvre demoiselle. Cette dernière se mit à s'imaginer toutes sortes de situations: remplacer Charon, faire office de servante dans le palais d'Hadès, rejoindre les Danaïdes, remplacer Prométhée même!... il allait tout simplement la massacrer!

    - Il n'ira pas jusque là ne t'inquiète pas, je lui ai expliqué que tu avais fait une erreur.

    Quand on parlait du loup... Hadès venait d'arriver remettre son cheval à son box, mais il détourna le regard en les voyant. Aphrodite fit sortir sa protégée pour qu'on puisse la soigner. Son voeu s'était réalisé au fond: ce jour avait marqué les esprits comme celui où une petite déesse perdue en Sicile avait frappé le puissant dieu des enfers.

    ___________________________________________

    Sur la piste, profitant de la situation, une nymphe abordait une déesse de l'agriculture une fois qu'Hadès était parti.

    - Alors sa participation est le fait d'Aphrodite... Pauvre enfant, Aphrodite aurait du savoir qu'elle ne pouvait pas participer à ce type d'activité, dit innocemment Menthé.
    - Oh Menthé, pardonne moi, je ne t'avais pas vu... En effet, elle a dépassé les bornes, Athéna devait prendre soin d'elle et la voilà blessée! Je ne l'amènerais plus à l'Olympe, qu'Hadès soit rassuré. Oh ma chère, implora soudainement Déméter, puis-je te demander un service?
    - Bien sûr, quelle aide une humble nymphe comme moi pourrait te donner?
    - Pourrais-tu plaider en faveur de Perséphone auprès d'Hadès? Je suis sûre que c'est le choc de sa chute qui lui a fait perdre la tête, elle ne voulait pas le frapper!

    La nymphe sourit alors aimablement, bien qu'elle jubilait intérieurement.

    - Oui certainement, mon seigneur a été trop loin aussi je pense, nous en discuterons et je t'assure qu'il n'y aura pas de répercussions pour elle.

    Déméter la remercia encore et encore. Bien entendu, Menthé avait d'autres plans mais pour le moment, il fallait profiter de la situation.

    - Mais je puis me permettre...
    - Oui?
    - Il ne faudrait pas que ta fille se sente trop isolée. Laisse quelques personnes la voir de temps à autre tout en prenant soin de ne pas inviter Aphrodite! Ainsi elle établira des liens avec des personnes de confiance et elle ne sera pas corrompue. Je sais! Laisse moi venir! Prétend que je viens de la part d'Hadès, suite à l'incident d'aujourd'hui, je discuterai avec elle et je suis sûre que je parviendrai à lui faire oublier les mauvaises manières de l'autre.

    Vu la haine que vouait la déesse de l'agriculture à la déesse de l'Amour, on se doute que ce discours l'enchanta au delà de toute mesure. Elle y avait déjà pensé bien sûr, mais voilà enfin quelqu'un qui se proposait pour être la première à remettre sa fille dans le droit chemin, qu'elle était soulagée!
    Menthé se félicita de son petit plan. Quoi de mieux que d'avoir une ennemie commun pour infiltrer et influencer l'impudente qui avait frappé son vénérable seigneur?

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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 22:03


Nouveau quotidien et excuses


    *J'ai frappé le seul dieu capable de m'envoyer en Enfer... Je ne survivrai pas à cette décennie, ou même à cette année.*

    La pauvre Perséphone, qui rappelons-le avait insulté un des plus puissants dieux existant suite à un quiproquo devant toute l'Olympe, se ressassait cette sinistre pensée en boucle. Aphrodite l'avait laissée seule dans le palais, son mari l'avait demandée, et trois servantes s'occupaient d'elle. Deux lui lavaient les cheveux pour les débarrasser de la poussière, et la dernière nettoyait la plaie sur son front en attendant que le saignement arrête. Heureusement, la blessure était plus impressionnante que grave. Seulement, tout ce temps immobile à fixer le plafond ne lui laissait qu'une seule occupation: revivre la scène en boucle. Elle voyait son poing faire reculer Hadès... Hadès... rien que repenser à son nom lui donnait des frissons. Le pire était qu'elle n'avait aucun souvenir précis de ce à quoi il ressemblait, son cerveau avait fait totalement l'impasse. Etait-ce si important de s'en souvenir d'ailleurs? Une vague image de tunique bleue et cheveux noirs flottaient dans sa tête mais incapable de dire la longueur des cheveux ou la couleur des yeux. Qu'importe, dans le meilleur des cas, elle serait sauve à condition de ne jamais le rencontrer à nouveau, ce qui lui convenait très bien.

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    - Cette vision restera gravée dans les mémoires, c'était superbe! pouffa Poséidon qui s'amusait comme un ado.
    - Je n'aurais pas du venir, ces réceptions ne sont pas pour moi, osa enfin proférer Hadès bien que ses deux frères soient là.
    - Ne sois pas ridicule, tu l'as insultée, ça l'a vexée, elle a eu une réaction banale! Estime toi heureux même, si elle avait ressemblé à ma femme, elle t'aurait transformé en plante qu'elle pourrait piétiner, se marrait également Zeus.
    - Je dirais même que c'est la plus à plaindre, première fois qu'elle se rend en Olympe, elle parvient à maîtriser un de tes chevaux pendant toute une course et la remporter et tu lui tombes dessus!

    Poséidon avait raison, mais Hadès se sentait malgré tout froissé dans son ego pour s'être laissé frapper par une jeune femme qui avait deux fois moins son âge, au moins. Il se savait en tort pourtant, Aphrodite l'avait confirmé mais comme pour la plupart des dieux à l'ego surdimensionné -ou même sans ça-, il n'aimait pas admettre être fautif.

    - Tu devrais lui apporter le cadeau de Poséidon en personne et t'excuser, je suis sûr qu'elle s'excusera aussi. Oublie pas qu'elle s'est blessée à cause de TA monture, décida Zeus.
    - Qu'elle m'avait prise! ne lâcha pas le dieu des Enfers.
    - Elle s'est trompée, remets toi! Excusez vous demain ou plus tard quand la tension sera retombée, je suis sûr qu'elle est charmante quand on ne l'insulte pas, comme tu peux être charmant quand on te sort de ton trou infernal, conseilla Poséidon, clôturant ainsi le débat.

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    - Ah tu es là! claqua une voix autoritaire.
    - Mère! s'insurgea Perséphone qui se voyait interrompue dans ses pensées noires.
    - Nous rentrons, je pense qu'on t'a assez vu. Frapper Hadès! Heureusement pour toi, j'ai réussi à arrondie les angles et tu n'auras rien.
    - Mais..., tenta quand même de s'opposer la fille, bien qu'entendre qu'elle n'aurait pas de sanction la rassurait.
    - Aucune objection. Servantes, finissez ce que vous faites et allez demander qu'on prépare notre char.

    Le soleil était encore haut, il ne se coucherait quand dans deux heures minimum mais Déméter devait avoir raison, mieux valait ne pas s'attarder après l'esclandre que sa fille avait provoqué. Elles repartirent donc en direction des écuries discrètement, presque en longeant les murs, et ne virent pas Poséidon et Zeus se moquer de leur frère qui espérait aussi repartir bientôt.
    Perséphone aurait voulu saluer ceux qu'elle avait rencontré aujourd'hui mais elle n'en eut pas le temps. Elles ne croisèrent qu'Hélios qui promit de transmettre leurs salutations.
    Si Déméter avait aussi hâte de retourner en Sicile, ce n'était pas uniquement à cause de l'impair de sa fille. En réalité, les servantes de Thémis s'étaient montrées diligentes et lui avaient rapporté la prédiction d'Apollon et surtout LA phrase qui l'avait mise hors d'elle: "Tu finiras par quitter la Sicile, grâce à quelqu'un que tu rencontreras aujourd'hui...". Non, elle ne laisserait jamais ça arriver! Elle était persuadée qu'en partant sur l'instant, juste après le scandale, personne n'oserait la revoir et ça arrangeait ses plans. Il ne resterait alors plus qu'à laisser Menthé la sortir de l'influence de Miss-séduction et son petit monde sicilien serait parfait.
    Mère et fille repartirent donc discrètement et Hadès fit de même au coucher du soleil, son amante à ses côtés. Ni Hadès ni Perséphone ne voulaient revoir l'autre, mais ils y seraient contraints, car toute l'Olympe avait hâte de savoir ce que la "déesse cachée de Sicile" leur réservait.

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    Deux jours après l'incident.

    Perséphone pensait toujours à ce qu'elle avait fait. Le souvenir d'une course gagnée lui revint en mémoire mais elle ne voulait même pas savoir si elle aurait droit à son prix. Alors qu'elle pratiquait la lyre seule -Déméter n'avait pas pardonné la complicité des Océanides pour la fugue de sa fille et les avait donc éloignées-, quelque chose vint l'interrompre.

    - Ma dame, un visiteur est là pour vous. Votre mère demande que vous soyez soignée.

    La jeune femme arqua un sourcil. Quand sa mère demandait à ce que sa fille apparaisse soignée, c'est que le visiteur était important et après ce qui s'était passé à l'Olympe, ça ne devait pas être une bonne nouvelle. La demoiselle réajusta ses vêtements et sa coiffure, mit un fin collier d'or et descendit, suivit de la servante qui l'avait prévenue.
    Quand Perséphone vit qui était le visiteur, son coeur s'arrêta aussi net que si elle avait été frappée par la foudre de Zeus en personne. Les souvenirs lui revenaient soudainement, oui, c'était vrai qu'Hadès ressemblait à ça. Mais... que faisait-il chez elles?
    Il se leva quand il aperçut la demoiselle, celle-ci s'inclina pour le saluer, ignorant comment on saluait un dieu qui venait certainement ici pour la traîner jusqu'au Tartare. Déméter les laissa, ce qui angoissa encore plus sa fille, c'était VRAIMENT anormal là. Elle lui lança malgré tout un regard insistant pouvant signifier "Ne fais pas d'impair surtout".
    Le dieu des enfers ne semblait pas très à l'aise cela dit. Il s'éclaircit la gorge et pria la jeune déesse de l'accompagner dehors. Toujours silencieuse, Perséphone aurait donné n'importe quoi pour être ailleurs. Elle suivait Hadès comme si on l'emmenait au billot, osant à peine lever les yeux sur son visage, se contentant de fixer les mouvements de sa tunique noire et les bras musclés qui en saillaient.
    Une fois dehors, il fit appeler quelqu'un et on vit arriver un superbe étalon blanc aux sabots de couleur de bronze. L'infernal souverain alla prendre la bride de l'animal et congédia le palefrenier qui l'avait amené avant de se tourner vers la jeune fille.

    - Malgré notre... malentendu, vous avez remporté la course. Mon frère m'a donc confié la tâche de vous donner votre récompense en mains propres, parvint-il à articuler.

    Perséphone releva la tête pour le regarder dans les yeux, avant de les détourner quasi aussitôt pour admirer l'animal. Pas de châtiment divin alors? Il était réellement venu pour cela? Il fallait répondre quelque chose, le remercier mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Elle s'approcha de l'étalon pour se saisir des rênes, il était réellement superbe. Quelques banalités réussirent enfin à franchir ses lèvres.

    - Je vous remercie aussi d'être venu en personne me l'apporter.
    - Mm, oui... lâcha t-il avant de saisir l'occasion pour faire ce qu'on lui avait demandé. Je m'excuse de mon comportement et de vous avoir insulté, je... je peux dire tout et n'importe quoi quand je suis énervé, il ne faut pas forcément le prendre en compte. J'étais persuadé que vous l'aviez pris sans avoir la politesse de me le demander.

    La déesse le regarda, surprise, pas de châtiment et en plus il s'excusait? Voilà pourquoi sa mère les avait laissé en fait, s'il avait voulu l'emmener, elle se serait certainement jetée sur lui pour l'en empêcher. La fille se doutait néanmoins que sa mère devait les observer d'un coin discret.

    - Je m'excuse aussi de vous avoir frappé, la chute m'avait déjà rendue furieuse contre moi même, je n'ai pas réfléchi, excusez-moi.

    Elle évitait toujours de le regarder et ils restèrent ainsi ce qui sembla de longues minutes, mais qui ne furent en réalité que quelques secondes avant qu'Hadès ne reprenne la parole.

    - N'importe qui aurait défendu son honneur devant de tels mensonges. Par ailleurs, vous devriez plutôt vous féliciter d'avoir su rester à cheval jusqu'au bout de la course. Mes chevaux sont mauvais par nature, viciés par l'air des Enfers mais très endurants et rapides. Plusieurs autres ont déjà tenté de concourir avec mais peu ont franchi la ligne d'arrivée, même moi il m'arrive de ne pas tous les maîtriser.
    - Je vois...

    Les politesses exigées par Zeus et Poséidon étant réalisées, Hadès siffla sa monture, un de ces fameux chevaux au mauvais caractère qui mit mal à l'aise l'étalon offert par le dieu des océans. Le souverain allait monter en selle quand quelque chose lui revint.

    - Ah oui, Poséidon m'a demandé de transmettre à votre mère un autre message: "Interdiction d'exécuter ce cheval, qu'importe ce que votre fille fera".

    Perséphone ne put s'empêcher de sourire et pouffer à cette recommandation. Le dieu en fut surpris, ne comprenant pas qu'il s'agissait d'un rire nerveux et que cette simple instruction faisait réellement plaisir à la jeune femme.

    - Je remercierai Poséidon pour son cadeau et je transmettrai le message à ma mère. Je pense qu'elle ne saurait s'opposer à votre frère, répondit-elle tandis que l'invité montait en selle pour de bon.
    - Mmmh... je le pense aussi. Des souvenirs que j'en ai, Déméter n'a jamais contredit mon frère quand ils étaient ensemble, il n'y a pas de raisons que ça change.

    Hadès était on ne peut plus sincère à cet instant. Il avait en effet quelques souvenirs de visites chez Poséidon quand Déméter vivait chez lui et il ne semblait ne jamais avoir d'animosité entre eux. La jeune déesse, qui en revanche n'était pas du tout au courant de cette aventure, ne l'interpréta pas ainsi.

    - Avec tout le respect que je vous dois, quand on vient s'excuser, on en profite pas pour insulter à nouveau ces hôtes, qu'importe le rang! claqua sèchement la langue de la fille de Déméter. Merci encore de vous être déplacé en personne et bonne journée Sire.

    Elle recula de quelques pas, laissant la place à son invité devenu indésirable de partir. Celui-ci réfléchit, croyait-elle qu'il changeait de cible et insultait désormais sa mère? Que Zeus en personne lui en soit témoin, cela n'avait jamais été son intention. Il n'empêche que cette réaction, comme on s'en doute, lui déplut.

    - Vous devriez demander à votre mère avant de vous mettre à calomnier à votre tour jeune fille.

    Sur ces mots, il fit volte face et partit au galop du palais sicilien. Perséphone de son côté ne croyait pas un mot de ce qu'il venait de lui dire et décida de l'ignorer tout en ramenant la bête à l'écurie. Maintenant qu'ils s'étaient excusés correctement, il n'y avait plus de raisons qu'ils se rencontrent à nouveau. Du moins elle l'espérait. De toute façon, tout indiquait qu'ils étaient destinés à ne jamais s'entendre.

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    Tandis que son infernal amant présentait ses excuses en Sicile, la nymphe avec une jalousie surdéveloppée était partie saluer une de ses amies bien connue des légendes: Circé. A peine arrivée sur l'île d'Eéa, l'accueil fut chaleureux et elles discutèrent du sujet n°1 à l'Olympe depuis deux jours: Hadès et la jeune déesse inconnue. Menthé lui raconta tout ce qu'elle savait sur la demoiselle -ou plutôt tout ce qu'elle avait distillé/interprété à sa guise d'après ce qu'on lui avait dit- et fit part de son plan à son amie.

    - L'influencer? L'amener à te faire confiance? Menthé, ne crois-tu pas que si elle traîne avec Aphrodite et Athéna, celles-ci lui auront déjà parlé de toi en mauvais termes?
    - Je m'en doute, ne t'inquiète pas. C'est pourquoi j'ai abordé Déméter et non la fille. Elle cherche désespérément à évincer Miss séduction, c'est donc mon alliée. Je ne veux pas de cette fille en Olympe mais je veux en revanche la punir d'avoir frappé Hadès. C'est pour ça qu'il me faudrait que tu me fournisses quelques... ingrédients mystères qui m'aideront dans ma tâche.

    Circé, qui jusque là approuvait son amie, posa son verre de vin et fixa son interlocutrice.

    - Tu ne voudrais quand même pas... l'éliminer?
    - Non, bien sûr que non! Je veux juste brouiller encore plus ses relations avec l'Olympe et surtout Hadès pour qu'ils ne se rencontrent plus jamais. Quand je pense qu'il est chez elle en ce moment même...
    - Tu sais, elle n'a rien fait de mal au fond cette gamine. Hadès a toujours été mauvais, limite cruel, quand il est en colère. Je lui reconnaîtrai même du courage à cette petite pour l'avoir frappé, je n'en connais pas 5 dans toute l'Olympe qui aurait osé.

    Et oui, tout le monde ignorait en effet que "la petite" n'avait appris l'identité du dieu que APRES les faits. Toutefois, cela avait l'avantage de lui donner une image de divinité courageuse et forte, une image qui ne ferait que s'amplifier au fur et à mesure des années et surtout une fois devenue Reine des Enfers, mais tout cela, Menthé et Circé ne le savaient pas bien sûr.

    - Qu'importe les autres, m'aideras-tu ou pas?

    L'enchanteresse qui transformait les hommes en porcs sourit de toutes ses dents blanches, bien évidemment qu'elle aiderait. Ce n'était pas de la méchanceté gratuite envers Perséphone, mais bel et bien une curiosité malsaine de vouloir voir ce que ça donnerait. Elle céda donc plusieurs décoctions et drogues à effets divers contre la promesse de la description de tout ce qui se sera passé, voire des invitations si la nymphe comptait utiliser tout ça en public.

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    La nymphe rentra fort satisfaite après son compagnon. Elle lui demanda comment c'était passé sa rencontre avec les deux déesses de Sicile, et c'est avec une joie difficilement dissimulée qu'elle l'entendit se plaindre de l'insolence de la "gamine". En bonne future épouse qu'elle se croyait être, Menthé rassura le dieu en lui affirmant qu'elle irait la voir pour arranger ce côté indompté. Elle lui fit ensuite oublier cette mauvaise rencontre avec des moyens charnels que toutes les femmes savent utiliser pour faire oublier leurs rivales dans l'esprit de leur homme.

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 22:06


Une amitié contestable




    La première de Perséphone dans le monde des divinités ne s'était donc pas passée comme espérée, on s'en est bien rendu compte. Cependant, l'événement sur la piste de course fit le tour des dieux et chacun allait de son petit commentaire sur le bilan de cette journée.

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    Zeus ne pouvait s'empêcher de rire en repensant à la tête de son frère lorsqu'il reçut le coup de poing. Il avait hâte d'arriver à la prochaine réception où il pourrait contraindre Hadès et Perséphone de venir voir s'il y avait moyen qu'ils s'entendent. Héra ne savait pas si elle devait approuver ou non ce projet... Son céleste époux désirait vraiment juste les inviter ou se servait-il de son frère comme excuse pour amener la nouvelle qu'il n'avait pu se priver de reluquer? Pour l'olympienne souveraine, frapper son beau-frère était un outrage de la part de Perséphone mais les circonstances étaient en sa faveur et elle ne pouvait donc pas lui en vouloir. D'un autre côté, peut-être que la jeune déesse pourrait lui servir pour créer un obstacle entre Hadès, ce puissant roi, et Menthé, cette nymphe qui ne convoitait qu'un titre. Oh, elle aimait peut-être le dieu du monde souterrain, mais peut-être que ça n'était aussi qu'une illusion de son cerveau et/ou un moyen qu'il avait crée pour parvenir à ses fins. Héra méditait sur tout ça. Dans tout les cas, il fallait l'éloigner de Zeus, hors de question qu'il la trompe à nouveau!

    Athéna restait tranquille dans son propre palais. Elle réfléchissait à ce qu'elle pourrait offrir aux hommes afin de posséder l'Attique face à Poséidon, car le jugement aurait lieu dans trois jours. L'affaire Hadès/Perséphone ne vint pas la troubler, n'étant pas portée sur les ragots comme les autres.

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    Deux semaines après l'incident

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    Aphrodite avait perdu son self control en apprenant que Déméter lui refusait encore l'autorisation de rencontrer sa fille. Une de ses dernières missives mentionnaient en effet le fait que Perséphone avait une nouvelle tutrice: Menthé. En plus d'être une charmante invitée, la nymphe, ajoutait-elle, s'entendait très bien avec la demoiselle et celle-ci ne sentait plus le désir de quitter l'île.
    La déesse de l'amour ne croyait pas un mot de ce qui était écrit et elle désira donc obtenir la vérité en convoquant Hermès. Malheureusement, comme on le sait le messager divin n'était plus le bienvenu là bas et il fut sans réponses. Il profita toutefois d'être seul en présence de la déesse pour mener un plan qu'il avait en tête depuis un célèbre épisode: la découverte publique de l'infidélité d'Aphrodite avec Arès. Il avait alors proféré qu'il endurerait n'importe quoi pour une nuit avec cette divine femme, et il comptait bien parvenir à ses fins.

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    Hélios, dieu du soleil et observateur divin du monde des hommes, regretta juste d'avoir perdu la course face à une jeune fille. De son île de Rhodes, il observa ce qui se passait actuellement à l'Olympe et découvrit qu'Hermès était parvenu à ses fins, et que le malheureux Héphaïstos ne pourrait plus jamais changer sa femme. Face à cette pessimiste pensée, il replongea son regard en direction des hommes, êtres parfois mauvais certes, mais indéniablement créatifs qui le fascinaient.

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    Trois semaines après l'incident

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    La lettre de Déméter n'était pas entièrement fausse. Perséphone avait bien entendu accueilli Menthé d'un oeil suspect lors de son arrivée au palais pour la première. Seulement, notre chère jeune déesse se sentait également très seule depuis que les Océanides n'étaient plus les bienvenues, et les deux femmes finirent donc par s'apprécier. Du moins, c'est ce que Perséphone pensait, loin de se douter que la nymphe avait manigancé tout le plan, et elle commença donc à envisager de lui faire prendre à son insu plusieurs petites décoctions préparées spécialement pour elle par Circé.
    Aphrodite lui manquait, Hermès aussi. Au final, elle n'avait revu personne depuis ce fameux jour, mis à part Hadès et sa compagne. Tout au fond, elle craignait que sa vie redevienne comme avant. Malgré cette nouvelle affection envers Menthé, Perséphone commença alors à réfléchir à des moyens de sortir en toute légitimité.

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    Poséidon, dans son palais d'or sous marin, pestait d'avoir perdu face à Athéna dans leur course à l'Attique. Pour se défouler, il alla donc rendre une cordiale visite à son frère Zeus pour partager un plan -décidément c'était la mode de comploter dans le dos de ses pairs-: organiser une petite fête pour leurs anniversaires. "Leurs" en effet car les trois frères le fêtaient le même jour mais le plus souvent chacun de leur côté. Mais on sait que les deux avaient pris beaucoup de plaisir à tourmenter le dieu des Enfers la dernière fois, et ils espéraient bien pouvoir recommencer. Zeus approuva avec tellement de joie que des éclairs de chaleur éclatèrent dans à peu près toute la Grèce.

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    La nymphe des Enfers se délectait de ses manigances. Tout marchait à merveille. La fille de Déméter tombait bien mûre dans ses bras, ses gardes baissées par trop de solitude. Jeux, randonnées dans l'île, partage d'anecdotes drôles sur les divinités, Menthé redoublait d'efforts pour être bien vue et cela fonctionnait. Sa vengeance se mit en place un peu plus de deux semaines après l'incident avec Hadès: elle lui fit prendre une des potions de Circé. Si ça n'avait tenu qu'à sa jalousie, elle les aurait utilisées dés le premier jour, mais on se serait alors douté que les malaises soudains de la jeune femme étaient liés au seul élément qui avait changé dans sa vie récemment: sa nouvelle "amie". La patience avait donc été de rigueur pendant un temps, afin que les soupçons s'estompent, mais elle avait fini par craquer. Une dernière précaution l'avait quand même amenée à déposer le "poison" dans les cuisines, afin que les serviteurs l'utilisent sans s'en rendre compte. De la sorte, si on venait à trouver le "poison", ils seraient accusés, et pas elle.
    Le lendemain de son forfait, son rire résonna dans le palais d'Hadès de longues minutes quand la missive de Déméter lui parvint. Cette dernière l'informait que Perséphone était gravement tombée malade et qu'elle ne pouvait recevoir personne. L'amante du dieu des Enfers savait pertinemment que ça ne durerait que quelques jours mais cela lui procura un bien être immense, même son compagnon fut surpris de la voir aussi rayonnante.

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    Comme promis, Circé fut informée de l'efficacité de ses produits. Bien sûr qu'ils seraient tous aussi efficaces que celui-là. Certes, les dieux étaient immortels et résistants à beaucoup de choses, mais en tant que divinité elle-même, l'ensorceleuse savait quelles plantes et quelles doses choisir pour rendre malade un de ses pairs comme n'importe quel mortel.

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    Hadès passa les semaines qui suivirent son humiliation à profiter de son royaume de toutes les manières possibles, à accomplir mille et une tâches, comme s'il l'avait quitté un siècle et non une journée. Il s'attendait à des reproches de Menthé mais il n'en fut rien. Il semblait même que sa compagne s'en sorte très bien avec la petite insolente et qu'elle faisait de bons progrès.
    La nymphe n'avait pas prévu qu'elle avait créé en réalité un lien entre l'homme qu'elle aimait le plus au monde et la femme qu'elle haïssait plus tout -après Aphrodite, Athéna et Héra-. Car à aller et venir en Sicile de la sorte, le souverain du monde souterrain revoyait constamment l'image de ce visage blessé suivi du poing qui le heurtait. Pas une vision glamour certes, mais pas vraiment efficace pour oublier la personne responsable.
    Au milieu de ces soucis féminins, le Tartare semblait de plus en plus agité ces derniers temps, retenant de ce fait Thanatos là bas et laissant tout son travail à son supérieur. Le supérieur en question ne s'en plaignait pas -comme dit plus haut- mais cela aurait son importance d'ici quelques semaines.

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    Un mois après l'incident

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    Perséphone s'était remise de son malaise soudain qui l'avait cloué au lit trois jours entiers. C'était la première fois que ça lui arrivait depuis son enfance, et nul ne sut expliquer l'origine mais qu'importe, elle était à nouveau sur pied.
    En descendant enfin de ses appartements, elle surprit sa mère en train de cacher une missive à la hâte mais trop tard: Perséphone le vit et voulut savoir de quoi il s'agissait. Si Déméter cachait ça, c'était forcément que ça concernait sa fille. Sa première intuition opta pour une missive d'Aphrodite, et à force de prise de becs et d'insistance, le fameux parchemin arriva finalement dans ses doigts graciles. Ses yeux s'ouvrirent à sa lecture car ce n'était ni plus ni moins qu'une autre invitation, pour l'anniversaire du dieu des Cieux cette fois, dans deux jours. La déesse de l'agriculture tenta d'avancer des arguments pour décliner l'invitation, arguant que sa fille ne serait pas encore tout à fait remise mais la déesse rebelle fut ferme: elle était parfaitement remise et elles iraient à cette réception, on ne discutait pas un ordre de Zeus. Uniquement de lui oui, car dans un souci stratégique, le dieu du tonnerre n'avait pas voulu la préparer à la présence d'Hadès et ne l'avait pas mentionné, sa réaction n'en serait que plus drôle non?

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    Dans le royaume souterrain, la même invitation avait aussi fait réagir. Certes, elle était quelque peu différente car Zeus avait bien spécifié que les TROIS frères seraient là mais l'important était idem: impossible de se dérober. La nymphe fut ravie de cette nouvelle occasion de se montrer en public, son amant le fut moins, se demandant quel surprise tordue ses frères lui avaient réservé, car ça ne pouvait cacher qu'une chose comme ça, il en était persuadé.

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    Que la soirée commence


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    C'était enfin le jour J, l'anniversaire était pour ce soir. La plupart des divinités s'y rendraient, comme la dernière fois, une occasion de faire la fête ne se perdait pas après tout. Athéna s'y rendait pour faire la paix avec Poséidon et enterrer cette histoire de l'Attique, Aphrodite comptait bien y revoir Perséphone mais aussi son nouvel amant, l'amant en question, Hermès, y rejoindrait la déesse de l'amour, Déméter garderait un oeil sur sa fille, Héra vivait déjà sur place mais surveillerait avec attention son époux, Amphitrite suivrait son compagnon Poséidon, etc, etc...
    Dés le coucher du soleil, les premiers invités arrivèrent et furent accueilli avec le nectar et l'ambroisie, comme la coutume l'exigeait. Déméter et sa fille furent parmi ceux là. Perséphone s'était d'ailleurs fait un plaisir de venir avec l'étalon offert par Poséidon qu'elle s'empressa de remercier à nouveau dés qu'elle le croisa. Pour l'occasion, elle avait revêtu une robe bleu vert avec des finitions de fils d'argent, un bijou de tête lui aussi d'argent retenait la plus grande partie de ses cheveux, mais laissait tout de même quelques mèches cascader dans son dos. Pas de châle cette fois, ni d'autres bijoux ostentatoires, juste quelques bracelets.
    Les convives continuèrent d'arriver peu à peu. Aphrodite, dés que son pied fut poser sur le marbre du palais, déploya son énergie à trouver sa protégée et la tira à l'abri des regards de sa mère dés qu'elle lui mit les griffes dessus. S'en suivit alors un dialogue rapide -la déesse ne prit même pas la peine de reprendre son souffle- où elle voulait tout savoir: comment elle allait, qu'est ce que faisait Menthé chez elle, qu'est ce qu'elles s'étaient dites, avait-elle tenté de l'influencer, pourquoi elle n'avait que des missives de Déméter etc... Perséphone répondit du mieux qu'elle put et les réponses ne furent pas au goût de sa protectrice. Celle-ci lui promit donc de surveiller attentivement la nymphe ce soir et aussi qu'elle arracherait l'autorisation de Déméter de pouvoir correspondre. Si elle n'avait pas satisfaction, alors elle débarquerait sans consentement et enlèverait la fille, menaça t-elle.

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    Menthé avait hâte d'arriver au palais divin. Outre l'occasion de parader que cela lui offrait, la potentielle future reine des Enfers avait apporté un petit cadeau spécial à Perséphone, un cadeau réservé tout spécialement pour une rencontre en public. Il s'agissait d'une petite fiole d'un liquide transparent avec deux effets: délier les langues tel un sérum de vérité et droguer pour échauffer l'esprit et faire dire les pires choses à celui qui le buvait. Il suffirait alors d'une seule parole dite de manière un peu trop "agressive" pour enflammer la poudre que sera devenue la jeune femme, la laissant ainsi se ridiculiser à nouveau devant le Tout puissant. Cette soirée serait délicieuse...

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    Le buffet allait enfin être servi et la fille de Déméter était rassurée de ne pas avoir vu Hadès. Il était clair pour elle qu'il avait préféré rester chez lui et c'était parfait ainsi! Mais depuis son entrée dans l'Olympe, plus rien ne semblait se passer comme elle le voulait.
    Alors qu'elle retournait vers les portes pour aller retrouver Aphrodite qui était dehors, elle tomba quasi nez à nez avec l'indésirable souverain. Ils s'immobilisèrent avec un bel ensemble et se regardèrent avec la même expression surprise. Menthé, au bras de son amant, débloqua la situation en voyant d'une part qu'Hadès lorgnait trop la gamine -bien que son visage ne révéla aucun plaisir- et d'autre part car son regard surprit Zeus et Poséidon l'un à côté de l'autre rire sous cape en assistant à la scène.
    Perséphone reprit son chemin, sans dire un mot, Hadès fit de même pour aller saluer ses frères et une femme jalouse se promit de saisir la première occasion de verser la drogue dans le verre de sa rivale.

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Alaynna
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MessageSujet: Re: Hadès et Perséphone - 1. On appelle ça l'amour, certainement fatal   Ven 19 Juin - 22:11


La goutte qui fait déborder le vase


    Perséphone crut s'effondrer dés qu'elle mit le pied dehors après avoir croisé... l'autre. POURQUOI était-il là? Le cosmos l'avait pris en grippe ou quoi? Toute une soirée à l'éviter, ne pas se dire un mot -quoique ça ne serait pas difficile-... Elle n'avait pas oublié sa suggestion sur la potentielle aventure de sa mère avec Poséidon. Hmpf... sa mère avec quelqu'un... elle qui voulait faire de sa fille une vestale... Aphrodite la rejoignit et demanda pourquoi son visage avait tourné au blanc de craie. La jeune déesse lui expliqua tout. Mais plutôt qu'être compatissante, son interlocutrice se mit à rire et confirma tout les dires d'Hadès. Elle ajouta même que si Perséphone n'était pas déjà née à cette époque là, on aurait pu avoir un doute sur sa paternité. La jeune femme resta sans voix... non seulement l'énergumène des enfers n'avait pas menti mais en plus sa mère, qui comme on l'a découvert était "légèrement" mère poule, avait osé abandonner sa fille enfant pour convoler avec le dieu des Océans? Sérieusement? Non, impossible qu'elle l'ait laissée, et comme la demoiselle n'en avait aucun souvenir, il était évident qu'on la faisait tourner en bourrique. Non, aucun souvenir de ne pas avoir vécu sans sa mère une seule journée et encore moins d'avoir visité un palais d'or sous l'océan, même pour quelqu'un de jeune, ça devait être un de ces événements qui marque non?
    Les deux amies retournèrent à l'intérieur et virent Déméter s'entretenir dangereusement avec Menthé. La déesse de l'Amour s'enflamma d'un coup à la vision de la nymphe allant tout sourire vers SA protégée. Celle-ci ne savait pas trop où se mettre. Elle ne pouvait pas rejeter sa nouvelle 'amie' avec qui elle avait passé quand même de bons moments, mais elle savait aussi qu'Aphrodite avait un seuil de tolérance de trente trois secondes exactement, au delà il fallait opter pour la fuite ou la défense.

    - Perséphone, interpella la nymphe, faussement inquiète, j'ai appris que tu avais été malade, tu vas mieux j'espère?
    - Ou... oui beaucoup mieux, c'est reparti comme c'est venu, répondit avec hésitation la jeune déesse qui ne savait pas où se mettre entre les deux femmes ennemies.
    - Et toi Aphrodite, tes bijoux sont sublimes. Même dans la salle des coffres je ne dois pas en avoir de semblable, surenchérit Menthé qui semblait assez de bonne humeur pour aborder sa rivale, mal lui en prit.
    - Merci, mon mari, elle insista sur le mot, me les a fabriqués, ils n'appartiennent qu'à moi.

    Et voilà une allusion directe au fait que la nymphe ne possédait rien malgré la richesse des Enfers, et surtout qu'elle n'avait toujours pas de titre. Perséphone craignit qu'on assiste en direct à un combat entre femmes se griffant, mordant et s'arrachant les cheveux mais il n'en fut rien. La compagne d'Hadès se contenta de complimenter l'habileté d'Héphaïstos avec le sourire, embrassa son "amie" sur la joue et partit rejoindre son aimé.

    - S'il y a un moyen de la faire envoyer au Tartare au milieu des Danaïdes, sois sûre que je le ferai, grinça la déesse de l'Amour sous le regard vainqueur de Déméter qui se délectait de son visage vert de rage.
    - Tu es sûre qu'il est sage de l'insulter alors qu'elle vit avec Hadès depuis des années? tenta d'adoucir la jeune femme.
    - Vu qu'ils ne sortent quasi pas des Enfers, au final je l'insulte beaucoup moins que certaines autres ennemies crois-moi. Et puis je ne dis pas n'importe quoi, qu'est ce que j'y peux si Hadès n'officialise pas leur situation? Je découvrirai pourquoi un jour. Peut-être que tu pourrais m'aider même.
    - Aider? En quoi et pourquoi?

    La requête que se préparait à faire Aphrodite l'effrayait. Elle avait fini par apprécier Menthé, pouvait-elle obéir à son amie et risquer de la perdre quand c'était la seule personne qu'elle avait vu en Sicile ce dernier mois?

    - Tente d'obtenir des informations sur les Enfers. Tu m'as dit qu'elle te racontait des anecdotes sur l'Olympe, oriente la juste sur "son" royaume et vois ce que tu en tires.

    Perséphone sentit sa gorge se serrer, cette requête la mettait vraiment mal à l'aise. Heureusement, elle fut sauvée par Athéna qui vint les tirer jusqu'au buffet où tout le monde prenait place. "Sauvée" alors qu'elle était avec Aphrodite, la fille de Déméter ne crut pas qu'elle pensait réellement cela... C'était surréaliste.

    _________________________________

    Contrairement à la fête d'il y a un mois, cette fête-ci était limitée au palais, il n'y avait pas de concours ou de grandes activités en plein air. L'assemblée était elle aussi plus réduite, aussi tout le monde s'approcha autour d'une longue table recouverte des mets les plus fins. Dionysos avait égayé un peu plus tout ce petit monde en apportant ses meilleurs crus, et demanda de l'aide à quelques âmes généreuses pour les servir. Menthé sauta sur l'occasion et alla préparer un pichet. Elle ne le remplit pas complètement toutefois, afin que seul Perséphone ne le boive, et y versa le contenu de la fameuse fiole. Deux coupes en main, elle retrouva sa nouvelle amie et lui proposa de trinquer à son récent rétablissement. L'ingénue demoiselle tomba dans le piège et but sa coupe entièrement. De son côté, la nymphe qui s'était servie une coupe pour ne pas éveiller les soupçons -Aphrodite ne la lâchait pas-, la but également, à la différence qu'elle avait également bu le contre-poison juste avant -un merci à Circé pour ses précieux conseils-. L'ensorceleuse, qui était présente d'ailleurs, pouffa de rire discrètement en voyant la scène et se demanda qui mettrait le feu aux poudres. Au milieu de cette bonne humeur anticipée, aucune des deux ne remarqua que le pichet n'était pas totalement vide et que Menthé l'avait négligemment posé sur la table entre une coupe de fruits frais et un plat de poisson.

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    Hadès avait été alpagué par ses frères peu de temps après son arrivée. Il en profita pour leur parler des troubles au Tartare et Zeus lui demanda de le tenir au courant si ça empirait, personne ne voulait voir des Titans défoncer les portes d'airain, il fallait surveiller ça. Cependant, il s'agissait là d'une fête et hors de question de se pencher sur des idées noires. Les trois frères se mirent donc à s'enivrer, encore et encore et, chose rare qu'on n'avait pas vu depuis longtemps, on les trouva même en train de rire tout les trois. Autant dire que les trois rires en même temps emplissaient tout l'espace du palais et plus d'un fut surpris de surprendre Hadès dans cette situation, lui qui d'habitude avait tendance à longer les murs.
    Ce dernier finit par être de corvée pour aller rechercher à boire, parler asséchant la gorge. Malheureusement, tout les pichets semblaient s'être éparpillés et il n'en avisa qu'un seul perdu à côté d'un plat ayant contenu du poisson quelques minutes plus tôt. Au moment où il s'en saisit, Poséidon le rejoignit et demanda qu'il lui remplisse sa coupe, mais l'infernal souverain se servit en premier et constata avec mécontentement qu'il ne restait du vin que pour une seule coupe. Les deux compères partirent donc à la recherche de Dionysos qui devait certainement couver les crus qu'il avait amené. C'était précisément le cas et les trois frères purent donc reprendre leurs échanges une fois leur soif étanchée.

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    Déméter fit en sorte d'avoir sa fille juste à côté lorsque tout le monde s'assit pour les plats chauds. En parlant de chaleur, Perséphone sentait la température monter mais elle mit ça sur le compte du vin, qu'elle n'avait pas l'habitude de boire -pour le moment-. Elle avait donc sa mère à droite, Circé à gauche et malheureusement, Hadès en face.
    De son côté, le dieu infernal continuait de converser avec Poséidon non loin et ne prêta pas attention, au début du moins, à la convive en face de lui. Lui aussi commençait à avoir chaud, un état qu'il mit sur le compte des délires avec ses frères et du vin, bien qu'il doutât que ça en soit la raison vu qu cette boisson était la seule qu'il buvait quasi. Il n'y pensa plus, Poséidon venait d'aborder un sujet qui fâche.

    - Oh, au fait Hadès il faudrait organiser une course entre toi et Perséphone, je viens de parier avec Zeus que le cheval que je lui ai offert battrait le tien, celui qu'elle a monté le mois dernier.

    Les deux interpellés levèrent la tête et se regardèrent. Hors de question pour Perséphone de se retrouver à nouveau à côté de lui, rien que le regarder l'énervait actuellement, et son voisin d'en face semblait penser la même chose.

    - Non merci, il vaut mieux éviter, après tu vas te plaindre que mes chevaux s'attaquent aux tiens.
    - Allez! On a parié une île. De quoi t'as peur, de te faire battre par une fille?

    La réflexion du dieu des Océans enflamma la "fille" en question mais elle se contint, jusqu'à la réflexion qui déplut.

    - Hmpf, pourquoi j'aurai peur d'une cavalière qui ne sait pas rester en selle? répliqua t-il, le sourire en coin.

    Perséphone ne pouvait plus rester silencieuse.

    - Non, il a surtout peur de se faire frapper pour l'avoir trop ouvert, enchérit-elle.

    Déméter tenta de rappeler sa fille à l'ordre mais autant parler à une sourde. Les deux drogués à leur insu s'assassinaient du regard et le ton monta, attirant sur eux, une fois encore, les regards des autres membres de l'assemblée.

    - Ce n'est pas avec la force de paresseux malade que tu as que je vais avoir mal.
    - Venant d'un lézard qui s'amuse à ramper sur les murs pour ne pas parler aux autres, laisse moi rire!
    - Et qu'est ce que tu en sais alors que tu ne sors de ton trou à rats que pour la deuxième fois?
    - Il faudrait justement s'inquiéter que ta lâcheté soit si connue qu'elle a atteint mon île perdue dont je ne sors jamais.
    - Je peux fort bien t'y enfermer sur cette île.

    Hadès ornait un sourire provocateur et outrageusement agaçant pour la demoiselle en face. Menthé se retenait à grand peine de sautiller sur place, Circé se régalait également, mais Perséphone explosa. Elle se leva brusquement à en renverser sa chaise.

    - Hin! Je t'en prie, ose grand-père!

    Hadès se leva d'un bond à son tour.

    - Dés que tu y poseras le pied gamine.
    - Tu n'as aucune autorité sur Terre, pourquoi j'aurais peur d'un imbécile heureux qui se terre comme une taupe!
    - Profite de tes derniers instants de liberté sale garce!

    Là le dieu des Enfers entrait vraiment dans la zone "furieux", il réagissait en effet très mal aux provocations, même s'il les avait lancées en premier, et on savait que ça pouvait être dangereux. Perséphone continuait malheureusement de répliquer, l'esprit annihilé par la drogue. Les autres dieux s'en mêlèrent et tentèrent de séparer les deux. Ils n'en étaient pas venus aux mains mais ça aurait pu le devenir sans la table entre eux. Malheureusement, rien n'y fit, Athéna, Poséidon, Déméter, même Menthé qui sentait son amant dériver plus que de raison, elle ne pensait pas qu'il serait impliqué ni qu'il réagirait de la sorte.
    Alors qu'on pensait en faire sortir un des deux, on monta encore d'un cran dans l'échelle du combat. Une onde de choc frôla la tête de Perséphone et provoqua de multiples fissures sur le mur derrière, faisant même tomber plusieurs morceaux. Il faut savoir qu'en plus de leurs domaines attitrés: Enfers, Agriculture, Amour, Raison,... les dieux avaient d'autres capacités communes à tous, et Hadès venait d'en utiliser une.
    - Ah! Ta vue baisse déjà le vieux, même plus capable de viser!
    La demoiselle ne sembla pas prendre en compte le fait que quatre bras retenaient présentement son adversaire et tentaient de le tirer en arrière, ce qui avait donc dévié son "tir".
    Zeus finit par mettre un terme à cette scène fort divertissante mais qui commençait à devenir dangereuse pour son palais. Il aida à faire sortir Perséphone qu'il rendit inconsciente grâce à ses pouvoirs et laissa partir Déméter qui ignorait où se mettre. Il promit que l'incident ne resterait pas impuni cette fois.
    La "garce" désormais partie, Hadès se calma un peu mais restait malgré tout sur les nerfs. Zeus n'osa pas user de ses pouvoirs comme avec l'autre trouble-fête, son frère était trop forte tête, ça n'aurait pas d'effet, mais il parvint à le convaincre de retourner chez lui, soutenu par son amante.
    Mis à part cela, la soirée se termina sans trop de dommages mais l'Olympe avait un nouveau sujet honteux à ressasser encore et encore.

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